• Homélie du 5ème dimanche du Carême - 18 mars 2018

    Homélie du 5ème dimanche du Carême

    Abbé Jean Compazieu

     

     Nous voudrions voir Jésus 

    Homélie du 5ème dimanche du Carême - 18 mars 2018

    Textes bibliques :  Lire

     Tout au long de ce Carême, nous entendons des appels à réorienter notre vie vers le Christ : « Changez vos cœurs, croyez à la bonne nouvelle… Revenez à moi de tout votre cœur… Laissez-vous réconcilier… » Dimanche dernier, nous étions invités à tourner notre regard vers la croix du Christ Sauveur. C’est en lui que se trouve notre salut. Le grand projet de Dieu c’est d’apporter son salut à tous les hommes. 

    En lisant la Bible, nous découvrons un Dieu qui fait alliance avec son peuple. C’est ce qui s’est passé à l’époque de Moïse quand Dieu a libéré son peuple de l’esclavage d’Égypte. Mais le peuple n’a pas respecté cette alliance. Il a préféré se tourner vers d’autres divinités. Rejetant son Dieu, il court à sa perte. Mais au-delà de la catastrophe, le prophète entrevoit un renouveau radical. Dieu viendra un jour établir entre lui et les siens une nouvelle alliance. Il changera de l’intérieur le cœur de l’homme. La loi n’apparaîtra plus comme une exigence à laquelle il faut se soumettre. L’homme verra dans ces exigences une occasion de répondre à la miséricorde de Dieu. C’est en nous tournant vers lui que nous trouvons le vrai bonheur.

    La lettre aux Hébreux (2ème lecture) nous montre que nous avons souvent du mal à accueillir cet enseignement. Nous avons besoin de le réentendre et d’être motivés pour tenir bon dans la foi. Cette nouvelle alliance a été réalisée en Jésus qui a livré son Corps et versé son Sang pour nous et pour la multitude. « Il est devenu pour ceux qui lui obéissent cause du salut éternel ». Sa soumission à Dieu n’est pas celle d’un esclave qui vit sous la contrainte. Son sacrifice est un véritable élan d’amour qui répond à celui du Père. Il est allé jusqu’au fond de la détresse humaine. Ailleurs, saint Paul nous dit qu’il est devenu « obéissant jusqu’à la mort sur une croix. C’est pourquoi Dieu l’a souverainement élevé. »

    L’Évangile nous montre que la promesse annoncée dans la première lecture est en train de se réaliser. Des grecs venus à Jérusalem désirent voir Jésus. Ces grecs, ce sont des étrangers. Ils nous font penser aux mages venus d’Orient pour se prosterner devant lui. C’est une manière de dire que la bonne nouvelle annoncée par le prophète n’est pas réservée aux seuls membres de son peuple. Elle est offerte à tous les hommes de tous les pays et de toutes les générations.

    En réponse, Jésus leur propose de le voir dans sa gloire. Et sa gloire, c’est la croix. Nous allons entrer dans la grande Semaine Sainte. C’est l’heure que Jésus attend depuis le début de sa mission. Ces grecs vont voir un homme comme les autres hommes, affreusement bouleversé de perdre sa vie. Ils verront la mort de Celui qui est l’auteur de la vie, un homme élevé au-dessus de tous et cloué sur une croix. Ce Jésus élevé de terre connaîtra la gloire puisqu’il attirera tous les hommes à lui.

    « Nous voudrions voir Jésus ». Je pense à cette question d’un enfant du catéchisme : « Comment on sait qu’il existe puisqu’on ne l’a jamais vu ? » C’est vrai, nous ne le voyons pas, mais nous faisons confiance aux apôtres qui l’ont vu ressuscité et qui ont donné leur vie pour lui. Lui-même nous assure de sa présence tous les jours et jusqu’à la fin du monde. Il rejoint les communautés qui se réunissent pour prier, écouter sa Parole et célébrer l’Eucharistie. Il est également présent à travers le petit, le pauvre, l’exclu que nous rencontrons sur notre route.

    Nous voudrions voir Jésus… Oui, c’est vrai. Mais c’est surtout lui qui voudrait nous voir et nous attirer à lui. Or trop souvent, c’est nous qui lui tournons le dos. C’est ce qui se passe chaque fois que nous organisons notre vie en dehors de lui. Nous n’accueillons pas l’amour qui est en lui. Nous voyons bien ce que cela donne. Nous assistons à des conflits qui n’en finissent pas de durcir les cœurs. Nous avons besoin de quelqu’un qui nous aide à sortir de la logique de la rancune et de la haine. Seul Jésus peut nous apprendre à aimer comme lui et à pardonner. Lui seul peut nous délier du mal.

    Alors c’est vrai, cela vaut la peine d’aller à sa rencontre. Avec lui, la bonne nouvelle est annoncée aux pauvres, aux prisonniers et aux exclus de toute sorte. Il est celui qui fait miséricorde aux pécheurs. Son salut est offert à tous. Lui-même nous dit qu’il n’est pas venu pour juger le monde mais pour le sauver. Son Évangile est un message d’espérance et d’amour qu’il faut proclamer à temps et à contretemps.

    Mais pour voir Jésus et le rencontrer, il y a une condition : il nous faut aussi aller vers les autres. Nous ne pouvons pas aller au Christ sans eux. En ce 5ème dimanche du Carême, le CCFD Terre Solidaire nous invite à rejoindre ceux qui veulent aider les pays les plus pauvres à sortir de leur misère. Ils donnent le meilleur d’eux-mêmes pour construire un monde plus juste, plus fraternel et plus solidaire. Rappelons-nous les paroles de Jésus dans l’Evangile de Saint Matthieu : « Chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces petits qui sont mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait. »

    En ce jour, nous te prions Seigneur : Fais-nous découvrir le bonheur qu’il y a à donner sa vie pour ceux qu’on aime. Transforme notre cœur et notre esprit pour que triomphe dans nos vies le désir de te suivre jusqu’au bout. Amen

    Sources : Revues liturgiques Signes, Dimanche en Paroisse, Feu Nouveau, plaquette du CCFD, Homélies Année B (Amédée Brunot), Guide Emmaüs des dimanches et fêtes (Jean-Pierre Bagot).

    source http://dimancheprochain.org

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