• Suite du Notre Père - MAIS DÉLIVRE- NOUS DU MAL - Elisabeth

    MAIS DÉLIVRE- NOUS DU MAL

    Cette dernière demande peut nous paraître redondante si nous la comparons à la précédente où l’on priait Dieu de ne pas nous laisser entrer dans la tentation de faire du mal à l’autre, à soi. Mais peut-être, pouvons-nous penser là, à une tentation qui serait un tentateur, une force extérieure à nous, une force négative et destructrice dont seul Dieu peut nous délivrer. Certains traducteurs, d’ailleurs, n’ont pas hésité à traduire le mot hébreu ra, par malin , et nombreux parmi nous sont ceux qui lorsqu’ils disent cette prière, assimilent ce mal au diable. 

    « Mais délivre-nous du Malin » 

    De nos jours, nous avons des difficultés avec cette notion, cependant nous devons, le texte nous y oblige, tenter de les aborder en évitant plusieurs pièges : celui de nier la réalité des forces démoniaques, celui de les rendre responsables de tout. Nous ne serions que de pauvres victimes possédées par des forces mauvaises, contre lesquelles nous ne pourrions rien, niant ainsi la réalité de notre libre arbitre, de notre responsabilité, rendant ainsi vaine toute démarche de confession, de repentance et de pardon. Et aussi, celui plus grave de croire qu’il existe une force maligne face à Dieu, aussi puissante que lui, qui agirait comme un électron libre. Conception complètement contraire à la foi d’Israël, à celle du Christ, qui proclament un monothéisme radical.

    Pour le Tanakh « la Bible », le satan est un ange qui appartient aux légions d’anges qui entourent le trône divin, et qui est missionné pour mettre l’homme à l’épreuve dans sa foi, c’est-à-dire dans sa confiance et sa fidélité à Dieu, comme on le voit dans le livre de Job. Il agit avec l’accord de Dieu comme un adversaire placé devant l’homme. C'est un fonctionnaire. Il ne devient le diable, le diviseur, que lorsque nous le laissons avoir le dessus, alors il est celui qui nous entraîne dans la mort, nous séparant de celui qui est la Vie.

    Pour mieux nous faire comprendre sa fonction le Talmud donne la parabole suivante: lorsque le potier a terminé son travail, il frappe sur ses pots avec un maillet pour en éprouver la solidité, mais il ne frappe que le pot dont il est sûr : Dieu n’éprouve que le juste.

    Le satan, et le silence obligatoire de Dieu à l’heure où nous sommes vérifiés, nous forcent à nous chercher au-dedans de nous-même pour nous connaître et le connaitre en vérité : « Je ne te connaissais que par ouï dire, mais maintenant mes yeux t'ont vu » dit Job. Après le creuset de l’épreuve et sa mise à nu, il connait Dieu à partir de sa chair, d’une expérience sensible. Avant il le connaissait à partir de l’obéissance à ses commandements. Il se sentait quitte. Il avait fait son devoir. Mais son cœur était absent. Il était relié à Dieu mais pas en lien avec lui.

    Les enseignements extérieurs, la sagesse, ne sont rien face à la sagesse de Dieu qui est folie. Sagesse qui ne s’acquiert que du dedans par un chemin de croix. Chemin de l'intériorité, de la connaissance intime de soi, du dépouillement total de son être: peaux après peaux, jusqu’à la première, celle dont Dieu a revêtu le premier couple.

    Élizabeth

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