• Solennité du sacré cœur, - Vendredi 19 Juin 2020 - Élisabeth

    Solennité du sacré cœur, cœur du Christ ce Vendredi 19 Juin 2020.

    Réflexions autour du mot cœur à partir de la bible.

    Elisabeth Smadja

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    Nous devons l’institution de cette fête à sainte Marguerite Marie Alacoque, religieuse du monastère de la Visitation de Paray le Moniale. Le Christ, lui a demandé, lors d'une apparition privée en juin 1675 :« Que le premier vendredi après l'octave du saint sacrement soit dédié à une fête particulière pour honorer mon cœur... ». 

    Variations autour du mot cœur.

    Nous allons étudier ce mot que nous connaissons si bien dans une autre langue, l’hébreu, pour tenter de savoir ce qu’il peut encore nous dire de lui.

    Lecœurse dit LEV en hébreu, mot qui s’écrit avec deux lettres, le lamèd L et lebeit B .

    La lettre lamedsignifie« enseigner ». Elle libère la dynamique de l’enseignement intérieur qui est l’essence même de la kabbale, « lecture ésotérique et mystique » de la Bible. Le mot hébreu kabbale signifie « recevoir ».On peut le décomposer en deux autres mots : Lev « cœur » et qol« voix ».

    Recevoir ce niveau d’interprétation de l’Ecriture sainte, c’est être capable d’écouter par le cœur, la voix : voix du Père, voix du Fils en nous et en dehors de nous, voix du souffle du Saint Esprit.

    La lettre beit signifie « maison » . Elle symbolise notre corps, le Temple, l’univers tout autant que notre intériorité, notre intimité.

    Aller à l’intérieur de nous-mêmes, à notre écoute pour écouter « la voix de fin silence » qu’Elie entendit au mont Horeb.

    Rabbi Akiba, un éminent sage de l’époque du Talmud, enseigne que les lettres du mot lamed sont les initiales de la phraseLév Mévine Daât  "le cœur comprend  la connaissance", on pourrait dire l’union. La première occurrence de ce mot se trouve dans Genese 3 « Adam connut Eve ».
    Par le cœur se réalise l’union mystique. 

    Le mot cœur contient toute la Torah« le Pentateuque ». En effet le premier mot de la Genèse commence par la B avec le mot béréchit « au commencement » et se termine dans le livre du Deutéronome par la lettre L du mot Israëlécrivant le mot lev « cœur ». En ce livre saint le cœur de Dieu s’adresse au cœur de l’homme. 

    La guématria du mot cœur est 32, la même que celle du mot kavod« gloire ». Ce mot signifie aussi poids. Glorifier c’est donner du poids, de l’importance, de la consistance, du « corps ».

    « Père, glorifie-moi ! » Prie le Christ

    . « Père, donne-moi mon poids, celui de « mon corps-église ». Nous ployons tous sous le lourd fardeau de nos vies, déposons à ses pieds notre charge pour nous charger du seul poids qui allège, qui redresse et qui transfigure, le sien. Faire de Jésus, notre gloire, c’est, devenir cellule de son corps.

    « Père, unit à mon cœur,le cœur de chaque membre « de mon corps-église » ; en moi, il sera cœur de chair, cœur brisé d’amour et nous battrons à l’unissons pour le salut du monde ! ».

    A la vue de l’enfant lors de sa présentation au Temple, le vieillard Siméon saisi par l’Esprit Saint dans un chant de grâce, l’a appelé : « lumière des nations, gloire d’Israël » (Lc2, 32).

    Jésus est la « gloire d’Israël ». Mon Christ, tu es notre seul poids, toi seul nous donne notre importance, justifie notre existence si singulière de nation mis à part, parmi toutes les nations, pour te glorifier et donner naissance au Rédempteur. Tu es notre cœur, mon cœur. 

    Le chiffre 32 représente aussi la structure sur laquelle repose la puissance créatrice du verbe de Dieu à travers les22 lettres de l’alphabet hébraïque. Par elle le monde fut créer : 10 « dire » divinqui fixent les lois de la nature ; par elle,une chartre relationnelle entre Dieu et les hommes fut révélé :10 « paroles »du Sinaï pour nous dire comment il peut résider au milieu de nous et en nous. 

    « …j’enlèverai votre cœur de pierreet je vous donnerai un cœur de chair » Ezéchiel 31, 26).Le cœur de chair est un cœur qui respire, un cœur brisé.—

    En hébreu, cœur de chair se dit lèv bassar.  En permutant entre elles les trois lettres du mot bassar chair, on lit le mot chevar, brisé. Un cœur de chair c’est un cœur brisé de la divine blessure.

    Tout baptisé, en Christ, bat du même battement que son cœur, un cœur brisé, d’où s'échappent les grâces d'amour pour le monde.

    La parabole du « Jugement dernier » nous enseigne comment on passe d’un cœur de pierre à un cœur de chair : en revêtant notre humanité, le christ a donné à chaque homme son visage le visage du Père, le visage de Dieu.

    C'est ce que Mère Térésa a vu, compris, non pas avec sa tête, mais avec ses sens, dans sa chair, en marchant dans les rues de Calcutta. Une évidence, comme un coup de poignard, c'est Lui, ce lépreux, ce mendiant, ce visage défiguré, souffrant, c'est Lui, c'est Toi Seigneur ; et à chaque fois c’est lui véritablement qu’elle a porté, lavé, soigné, embrassé, aimé.

    Chaque fois que nous allons vers l’autre, c’est Notre Seigneur, lui-même, que nous rencontrons, que nous touchons.

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  • Commentaires

    1
    Michel Couillard
    Jeudi 18 Juin à 09:21

    Merci pour cette méditation lumineuse. La fête du Sacré Cœur révèle à nos yeux l'humble grandeur de notre cœur uni au sien. 

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