• PRIÈRE D'OUVERTURE DU SYNODE 2021-2023

    Cette prière sera fréquemment priée et pourquoi pas la faire
    le plus souvent possible
      
    PRIÈRE D'OUVERTURE DU SYNODE 2021-2023

     

    PRIÈRE D'OUVERTURE DU SYNODE 2021-2023

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    POUR ALLER PLUS LOIN

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  • Homélie du 30ème dimanche du Temps ordinaire

    Abbé Jean Compazieu

    24 octobre 2021

    Journée Mondiale des Missions

    Confiance, Jésus t’appelle 

     

    Textes bibliques : Lire


    “Poussez des cris de joie pour Jacob ! Acclamez la première des nations. Faites retentir sa louange…” On aurait pu imaginer que ces paroles du prophète Jérémie sont adressées à un peuple rayonnant de joie. En fait, il n’en est rien. Jérémie se trouve devant des gens qui ont tout perdu ; ils ont été déportés en terre étrangère. Or c’est à ce moment-là que le prophète s’adresse à eux pour raviver leur espérance. Il leur annonce que Dieu n’abandonne jamais son peuple ; il n’a jamais cessé de les aimer malgré leurs péchés ; un jour, il les délivrera ; il les ramènera vers leur terre. Ce sera un jour de grande joie. 

    La lettre aux Hébreux (2ème lecture) nous annonce que ce changement s’est opéré bien au-delà de toutes nos espérances. Elle nous parle du grand prêtre pris parmi les hommes qui intercède en leur faveur. À plus forte raison, Jésus nous est présenté comme médiateur entre Dieu et les hommes. Il les a libérés de leurs péchés pour leur permettre d’aller à Dieu. Appartenant au monde de Dieu et à celui des hommes, il les met en communion. C’est ainsi qu’il réalise à la perfection les conditions du vrai sacerdoce. Jésus a été choisi par le Père pour offrir une fois pour toutes le sacrifice de sa vie. Par sa mort et sa résurrection, il nous a ouvert le monde éternel.

    Avec l’Évangile, c’est la promesse de Jérémie qui se réalise : cela se passe à Jéricho, la ville la plus basse du monde (400 mètres au-dessous du niveau de la mer. Cette ville représente le monde du péché, éloigné de Dieu. Jésus entre dans cette ville et en sort aussitôt. Il vient dans ce monde du péché pour nous en sortir. C’est une manière de dire qu’il peut venir nous chercher très loin et très bas.

    Et c’est la rencontre avec l’aveugle Bartimée. Sa situation l’a marginalisé par rapport à la société. Il n’a rien et n’est rien. Il ne vit que des piécettes que les gens veulent bien lui donner sans prendre le temps de poser leur regard sur lui. Et quand il appelle Jésus, les gens veulent le faire taire : “Tais-toi, nous accueillons un personnage important… Ne viens pas nous déranger”. Mais il insiste de plus belle car il entendu parler de Jésus qui guérit les blessés.

    Nous sommes parfois comme cette foule qui ne veut pas être dérangée. C’est ce qui se passe quand nous ne voulons pas entendre le cri des pauvres, la détresse des exilés, la souffrance des malades, la révolte de ceux et celles qui se sentent trahis. Ces dernières semaines, on nous a parlé des enfants victimes d’abus. N’oublions pas ceux qui sont harcelés, ceux qui sont réduits à l’état d’esclave. Comme cette foule, nous avons la tentation de faire la sourde oreille car nous nous sentons désarmés devant les blessures et les injustices de notre temps.

    Et pourtant, Jésus nous demande de convier tous les blessés de notre temps. Aujourd’hui comme autrefois, il nous demande de les appeler. Il veut leur permettre de rencontrer la chaleur et la lumière du visage divin. Nous ne sommes pas le Sauveur, mais nous pouvons permettre la rencontre de Celui qui est la source de toute paix et de toute joie.

    La médiation que Jésus nous confie, c’est d’être les témoins authentiques de l’espérance qui nous habite. Comme Jérémie en son temps, nous sommes envoyés pour être les messagers de cette espérance. Nous devons résister au danger de sombrer dans les lamentations, le pessimisme, la critique négative. Nous sommes appelés à une grande vigilance dans nos conversations et nos écrits. L’Évangile de la fête de tous les saints nous rappellera le bonheur des artisans de paix et ceux qui rayonnent la joie autour d’eux. Ne nous laissons pas aveugler par les médias qui ne pensent qu’à déverser des mauvaises nouvelles.

    Le Seigneur est là pour nous guérir de nos aveuglements, pour nous ouvrir à l’amour de Dieu et à celui de tous nos frères. Laissons Bartimée nous apprendre à avoir cette confiance inébranlable en Jésus. Des gens chercheront peut-être à nous en dissuader. Les mêmes pourront nous y encourager plus tard. La confiance est un combat de tous les jours, parfois dans l’obscurité de la foi. Mais grâce au fils de Timée, nous savons que la nuit n’a pas le dernier mot. C’est de cette espérance que nous avons à témoigner tout au long de notre vie auprès de tous ceux et celles qui nous entourent.

    Nous voulons être du Christ ? Nous voulons marcher avec lui. Commençons dès aujourd’hui. Arrêtons-nous chaque fois que nous rencontrons un homme, une femme ou un enfant qui crie sa peine. Prenons le temps d’écouter et de regarder. Nous ne pourrons peut-être faire grand-chose sur le moment. Mais si tous les disciples de Jésus prennent ainsi le temps de s’arrêter, s’ils préfèrent la rencontre personnelle des frères à toutes les grandes idéologies, ils changeront le monde. Demandons au Seigneur qu’il nous guide sur ce chemin de conversion.

    Sources : Revue Feu Nouveau – Fiches dominicales – Commentaires de Marie-Noëlle Thabut et de Claire Patier…

    source  https://dimancheprochain.org/

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  • Méditation quotidienne de Richard Rohr

    Du Centre d'action et de contemplation

     Crédit image : Barbara Holmes, Untitled 13 (détail), 2021, photographie, États-Unis. 

    Jésus comme point de référence central 

    Le premier des huit principes fondamentaux du Centre d'action et de contemplation est que « l'enseignement de Jésus est notre point de référence central ». Affirmer Jésus comme central fournit au P. Richard et nous tous avec une confiance qui vient de l'Evangile. Richard écrit :

    Sans l'assurance de l'enseignement et de l'exemple de Jésus, je n'aurais pas le courage ou la confiance de dire ce que je dis. Comment puis-je avoir confiance que des choses comme la non-violence, le chemin de la descente, la simplicité de vie, le pardon et la guérison, la préférence pour les pauvres et la grâce radicale elle-même sont aussi importantes qu'elles le sont, à moins que Jésus ne le dise aussi ? Ce discernement est rendu encore plus difficile, cependant, par le fait que l'agenda réel de Jésus est si rarement souligné dans la plupart des églises chrétiennes.

    Dans son autobiographie, Dorothy Day (1897-1980) a paraphrasé le théologien Romano Guardini en se lamentant : « L'Église est la Croix sur laquelle le Christ a été crucifié. . . . " [1] Cela ne fait-il pas mal ? Et pourtant, c'est peut-être vrai. À bien des égards, l'église institutionnelle ne semble pas croire son propre évangile.

    Cela n'a pas toujours été ainsi, mais à partir de 313 EC, le christianisme est progressivement devenu la religion impériale de l'Empire romain. Il était principalement descendant et hiérarchique pour les 1700 prochaines années. Au fur et à mesure que «l'esprit impérial» prenait le dessus, la religion avait moins à voir avec les enseignements de Jésus sur la non-violence, l'inclusivité, le pardon et la simplicité, et est plutôt devenue pleinement complice du monde de la domination, du pouvoir, de la guerre et de la cupidité elle-même.

    La théologienne et éducatrice laïque Verna Dozier (1917-2006) met en lumière certains des changements importants qui ont eu lieu lorsque le christianisme est devenu une religion impériale :

    Il nous est difficile de comprendre ce qui est arrivé au peuple de Dieu sous Constantin. L'église a sûrement eu un répit de la persécution. . . . Constantin rêvait de restaurer l'ancienne gloire de l'empire, et il croyait que cela pourrait être mieux réalisé par le christianisme. Constantin lui-même n'a pas été changé ; l'église était. Elle devint l'église impériale. Le culte chrétien a commencé à être influencé par le protocole impérial. L'encens, signe de respect pour l'empereur, fait son apparition dans les églises chrétiennes. Les pasteurs ont commencé à s'habiller de vêtements plus luxueux, les processions et les chorales se sont développées, et finalement la congrégation a fini par avoir un rôle moins actif dans le culte.

    Plus important que tout cela, cependant, était le genre de théologie qui s'est développée. L'évangile de la bonne nouvelle aux pauvres considérait maintenant la richesse et la pompe comme des signes de la faveur divine. Le royaume de Dieu à venir n'était plus un thème fondamental. De l'avis d'Eusèbe [c. 260-c. 340], le père de l'histoire de l'église, le plan de Dieu avait été accompli en Constantin et ses successeurs. Au-delà de l'ordre politique actuel, tout ce que les chrétiens peuvent espérer, c'est leur propre transfert personnel dans le royaume des cieux. [2] [Équipe DM : Brian McLaren, enseignant du CAC, appelle cette version du christianisme un « plan d'évacuation pour le monde à venir ».]

    Les méditations de cette semaine mettent en évidence comment nous avons perdu l'essence du message de Jésus lorsque l'église s'est alignée sur l'empire et les résultats douloureux qui ont suivi.

     
     

    [1] The Long Loneliness: The Autobiography of Dorothy Day (Harper and Brothers: 1952), 150.

    [2] Verna J. Dozier, The Dream of God: A Call to Return (Cowley Publications: 1991), 73, 75.

    Adapté de Richard Rohr, discours non publié, Canossian Spirituality Center, Albuquerque, Nouveau-Mexique, 3 décembre 2016 ; et 

    « Le christianisme et la création : un franciscain parle aux franciscains » dans Embracing Earth : Catholic Approaches to Ecology, éd. Albert J. LaChance et John E. Carroll (Orbis Books : 1994), 143. 

    Crédit image : Barbara Holmes, Untitled 13 (détail), 2021, photographie, États-Unis.

    L'équipe créative du CAC a envoyé un appareil photo à usage unique au Dr B dans le cadre d'une exploration de la photographie contemplative et elle a rendu cette magnifique photo.

    Inspiration d'image : Notre histoire sanctionnée par l'État célèbre les explorateurs qui ont choisi la séparation, la conquête et la domination. Et si nous choisissions différemment et regardions plutôt à travers nos propres « pare-brise » avec humilité, révérence et crainte pour la diversité de la création de Dieu ?

    En savoir plus sur l'équipe éditoriale de Daily Meditations. 

    SOURCE https://cac.org/

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    Le logo de la 4e Rencontre mondiale des mouvements populaires.  

     

    Le Pape dénonce le « système de mort » entretenu par les puissants de la terre

    Dans un message vidéo adressé aux participants de la quatrième rencontre mondiale des mouvements populaires, François lance un appel fort aux puissants de la planète pour qu'ils œuvrent en faveur d'un monde plus juste, solidaire et fraternel.
     

    Michele Raviart - Cité du Vatican

    Rêver ensemble d'un monde meilleur après la pandémie, en essayant de surmonter les résistances qui empêchent d'atteindre «cette vie bonne en harmonie avec toute l'humanité et la création» qui n'est possible que par la liberté, l'égalité, la justice et la dignité. Changer «un système de mort» en demandant, au nom de Dieu, à ceux qui détiennent le pouvoir politique et économique, de changer le statu quo et de permettre à nos rêves d'être infiltrés par «le rêve de Dieu pour nous tous qui sommes ses enfants».

    C'est ce que propose le Pape François, dans un long message vidéo, aux représentants des mouvements populaires, réunis par vidéoconférence pour leur quatrième rencontre mondiale organisée par le Dicastère pour le Service du développement humain intégral.

    Des poètes sociaux qui créent de l'espérance

    Les mouvements populaires et les personnes qu'ils représentent et aident sont ceux qui ont le plus souffert de la pandémie. Le Pape les appelle «poètes sociaux» pour leur «capacité et leur courage à créer l'espérance» et la dignité :

    «Vous voir me rappelle que nous ne sommes pas condamnés à répéter ou à construire un avenir fondé sur l'exclusion et l'inégalité, le rejet ou l'indifférence ; où la culture du privilège est un pouvoir invisible et irrépressible, et où l'exploitation et les abus sont comme une méthode habituelle de survie», estime François.

    Les personnes les plus touchées par la pandémie

    «La pandémie nous a fait voir les inégalités sociales qui affectent nos peuples et a exposé la situation déchirante de tant de frères et sœurs», explique le Pape. Tout en saluant l’attitude des États qui ont réagi en écoutant la science et qui «ont réussi à fixer des limites pour garantir le bien commun», François exprime sa compassion aux classes populaires: «C'est à vous, comme toujours, qu'est revenu le pire», s’attriste-t-il.

    «Dans les quartiers dépourvus d'infrastructures de base, où vivent beaucoup d'entre vous et des centaines et des centaines, voire des millions de personnes, il est difficile de rester chez soi, non seulement parce que l'on ne dispose pas de tout ce dont on a besoin pour appliquer les mesures minimales de soins et de protection, mais aussi parce que la maison est le quartier, souligne le Pape argentin. Les migrants, les sans-papiers, les travailleurs informels sans revenu fixe, ont été privés, dans de nombreux cas, de toute aide de l'État et empêchés d'accomplir leurs tâches habituelles, ce qui a aggravé leur pauvreté déjà déchirante.»

    Le stress des jeunes et la crise alimentaire : les effets cachés du virus

    Cette situation est si évidente qu'elle ne peut être dissimulée par «de nombreux mécanismes de post-vérité» et par la culture de l'indifférence, comme si «ce tiers souffrant de notre monde n'intéressait pas suffisamment les grands médias et les faiseurs d'opinion». Ce monde reste «caché, recroquevillé», comme d'autres aspects méconnus de la vie sociale que la pandémie a aggravés.

    Le stress et l'anxiété chroniques des enfants, des adolescents et des jeunes, par exemple, ont été aggravés par l'isolement et le manque de contacts réels avec les amis. «L'amitié est la forme sous laquelle l'amour ressuscite toujours», rappelle le Pape, pour qui il est clair que la technologie peut être un outil au service du bien, mais «elle ne pourra jamais remplacer le contact». Tous ces phénomènes liés à la pandémie, «cela ne fait pas la une des journaux, cela ne suscite pas d'empathie», pas même la crise alimentaire, qui pourrait générer plus de décès que le Covid-19 en tant que tel dans un avenir proche.

    «Cette année, vingt millions de personnes supplémentaires ont été entraînées dans des niveaux extrêmes d'insécurité alimentaire. Les situations de dénuement extrême se sont multipliées, le prix des denrées alimentaires a fortement augmenté. Les chiffres de la faim sont horribles, et je pense, par exemple, à des pays comme la Syrie, Haïti, le Congo, le Sénégal, le Yémen, le Soudan du Sud. Mais la faim est également ressentie dans de nombreux autres pays pauvres du monde et, assez fréquemment, dans le monde riche également», s’alarme le Pape.

    Ressentir la douleur des autres comme la sienne propre

    Pourtant, dans ce contexte, les travailleurs du mouvement populaire ont ressenti la douleur des autres comme étant la leur. «Chrétiens et non-chrétiens, vous avez répondu à Jésus qui a dit à ses disciples devant les affamés : donnez-leur à manger», leur dit l’évêque de Rome.

    «Comme les médecins, les infirmières et le personnel de santé dans les tranchées sanitaires, vous avez mis vos corps dans les tranchées des quartiers marginalisés, souligne François. Je connais de nombreux, entre guillemets, "martyrs" de cette solidarité, dont j'ai entendu parler par votre intermédiaire. Le Seigneur leur rendra compte. Si tous ceux qui, par amour, ont lutté ensemble contre la pandémie pouvaient aussi rêver ensemble d'un monde nouveau, comme tout serait différent!»

    Changer le système économique

    Le Pape rappelle que «l'on ne sort jamais d'une crise de la même manière». De la pandémie, «soit nous en sortirons meilleurs, soit nous en sortirons pires». Pour saisir une opportunité d'amélioration, il faut donc «réfléchir, discerner et choisir», car «revenir aux schémas antérieurs serait suicidaire»«écocidaire et génocidaire». Pour mieux s'en sortir, il est «essentiel d'adapter nos modèles socio-économiques pour qu'ils aient un visage humain, car beaucoup de modèles l'ont perdu». Des modèles qui sont devenus des «structures de péché» qui persistent et que nous sommes appelés à changer.

    «Ce système, avec sa logique implacable du profit, est en train de devenir incontrôlable. Il est temps de freiner la locomotive, une locomotive hors de contrôle qui nous conduit vers l'abîme. Il est encore temps», martèle le Pape François.

    «Au nom de Dieu», l'appel du Pape aux puissants de la terre

    En point d’orgue de son message, le Pape François lance des appels vibrants, «au nom de Dieu», à ceux qui comptent et qui ont le pouvoir de décider. Voici une traduction de ces neuf appels:

    «Je veux demander à tout le monde, au nom de Dieu. Aux grands laboratoires, qu'ils libéralisent les brevets. Faites un geste d'humanité et permettez à chaque pays, chaque peuple, chaque être humain, d'avoir accès au vaccin. Il y a des pays où seulement 3 ou 4%  des habitants ont été vaccinés.

    Je veux demander, au nom de Dieu, aux groupes financiers et aux organismes internationaux de crédit de permettre aux pays pauvres de garantir les besoins fondamentaux de leurs populations et d'effacer ces dettes si souvent contractées contre les intérêts de ces mêmes populations.

    Je veux demander, au nom de Dieu, aux grandes entreprises minières, pétrolières, forestières, immobilières et agroalimentaires d'arrêter de détruire les forêts, les zones humides et les montagnes, d'arrêter de polluer les rivières et les mers, d'arrêter d'intoxiquer les gens et les aliments.

    Je veux demander, au nom de Dieu, aux grandes entreprises alimentaires de cesser d'imposer des structures de production et de distribution monopolistiques qui gonflent les prix et finissent par garder pour elles le pain des affamés.

    Je veux demander, au nom de Dieu, aux fabricants et aux trafiquants d'armes de cesser totalement leurs activités, qui fomentent la violence et la guerre, souvent dans le cadre de jeux géopolitiques dont le coût se chiffre en millions de vies et de déplacements.

    Je veux demander, au nom de Dieu, aux géants de la technologie de cesser d'exploiter la fragilité humaine, les vulnérabilités des gens, à des fins de profit, indépendamment de la façon dont ils augmentent les discours de haine, le grooming (harcèlement des mineurs en ligne, ndr), les fake news, les théories du complot, la manipulation politique.

    Je veux demander, au nom de Dieu, aux géants des télécommunications de libéraliser l'accès aux contenus éducatifs et l'échange avec les enseignants par le biais de l'internet, afin que les enfants pauvres puissent recevoir une éducation dans des environnements confinés.

    Je veux demander, au nom de Dieu, aux médias de mettre fin à la logique de la post-vérité, de la désinformation, de la diffamation, de la calomnie et de cette attirance maladive pour le scandale et l'obscurité ; qu'ils cherchent à contribuer à la fraternité humaine et à l'empathie avec les personnes les plus blessées.

    Je veux demander, au nom de Dieu, aux pays puissants de cesser les agressions, les blocus et les sanctions unilatérales contre n'importe quel pays, où que ce soit sur la planète. Non au néo-colonialisme. Les conflits doivent être résolus au sein d'organismes multilatéraux tels que les Nations unies. Nous avons déjà vu comment se terminent les interventions unilatérales, les invasions et les occupations, même si elles sont menées sous les motifs ou les couvertures les plus nobles.»

    Appel aux dirigeants politiques et religieux

    Aux gouvernements et aux responsables politiques de tous les partis, François demande d'éviter «d'écouter uniquement l'élite économique» et de devenir «les serviteurs des peuples qui demandent une terre, un abri, un travail et une bonne vie», tandis qu'il demande aux chefs religieux de ne jamais utiliser le nom de Dieu pour fomenter des guerres ou des coups d'État. Au contraire, il faut construire des «ponts d'amour».

    Le pouvoir transformateur des peuples

    Les discours populistes d'intolérance, de xénophobie et de mépris des pauvres, poursuit le pape, sont des récits qui conduisent à l'indifférence et à l'individualisme, divisant les peuples pour les empêcher de rêver ensemble d'un monde meilleur. Dans ce défi au rêve, les mouvements populaires agissent comme des «Samaritains collectifs». Le bon Samaritain, rappelle le Pape, loin d'être ce «personnage à moitié intelligent» dépeint par «une certaine industrie culturelle» qui veut «neutraliser le pouvoir transformateur des peuples et en particulier des jeunes», est en fait la représentation la plus claire d'une option engagée dans l'Évangile.

    «Savez-vous ce qui me vient à l'esprit maintenant, en plus des mouvements populaires, lorsque je pense au bon Samaritain? Vous savez ce qui vous vient à l'esprit? Les protestations sur la mort de George Floyd. Il est clair que ce type de réaction contre l'injustice sociale, raciale ou machiste peut être manipulé ou exploité par des machinations politiques ou autres; mais l'essentiel est que là, dans cette manifestation contre cette mort, se trouvait le Samaritain collectif, qui n'était pas dupe! Ce mouvement n’est pas passé outre, lorsqu'il a vu la blessure à la dignité humaine infligée par un tel abus de pouvoir», salue le Pape.

    La Doctrine sociale de l'Église dérange beaucoup de gens

    Le Pape François propose certains principes traditionnels de la doctrine sociale de l'Église, tels que l'option préférentielle pour les pauvres, la destination universelle des biens, la solidarité, la subsidiarité, la participation et le bien commun.

    «Je suis parfois surpris de constater que chaque fois que je parle de ces principes, certains s'en étonnent, et le Pape est alors catalogué avec une série d'épithètes qui servent à réduire toute réflexion à un simple adjectif discréditant. Ça ne me met pas en colère, ça me rend triste. Cela fait partie du complot de la post-vérité qui cherche à réduire à néant toute recherche humaniste alternative à la mondialisation capitaliste, et qui fait partie de la culture du déchet et du paradigme technocratique», explique François.

    L’évêque de Rome se dit attristé lorsque «certains frères de l'Église s'irritent si nous rappelons ces orientations qui appartiennent à toute la tradition de l'Église» et invite tout le monde à lire le Compendium de la Doctrine sociale de l'Église, un «petit manuel» voulu par saint Jean-Paul II, et sur lequel François base son enseignement. Le Pape ne peut pas ne pas rappeler cette Doctrine, même si elle dérange souvent les gens, car «ce qui est en jeu n'est pas le Pape, mais l'Évangile».

    L’engagement pour le bien commun et la liberté

    François met notamment en avant deux principes: la solidarité, comprise comme «une volonté ferme et persévérante de s'engager pour le bien commun», et la subsidiarité, qui s'oppose à «tout schéma autoritaire, tout collectivisme forcé ou tout schéma étatique». En effet, souligne-t-il, le bien commun «ne peut servir d'excuse pour écraser l'initiative privée, l'identité locale ou les projets communautaires».

    Salaire minimum et réduction de la journée de travail

    Il est «temps d'agir» et le Pape propose quelques mesures concrètes : un revenu minimum (ou salaire universel) et la réduction de la journée de travail. De cette façon, chaque personne pourrait se permettre «l'accès aux biens les plus élémentaires de la vie».

    «Il est juste de lutter pour une répartition humaine de ces ressources, et il incombe aux gouvernements d'établir des régimes fiscaux et redistributifs afin que la richesse des uns soit partagée équitablement, sans que cela implique une charge insupportable, en particulier pour la classe moyenne. En général, lorsque de tels conflits se produisent, c'est la classe moyenne qui en souffre le plus.»

    Pour le Pape, les avantages de la réduction de la journée de travail se trouvent dans l'histoire :

    «Au XIXe siècle, les ouvriers travaillaient douze, quatorze, seize heures par jour. Lorsqu'ils ont obtenu la journée de huit heures, rien ne s'est effondré comme certains secteurs l'avaient prédit, se souvient le Pape François. J'insiste donc sur le fait que travailler moins pour permettre à un plus grand nombre de personnes d'accéder au marché du travail est une piste que nous devons explorer de toute urgence. Il ne peut y avoir autant de personnes accablées par le surmenage et autant de personnes accablées par le manque de travail.»

    Écouter la voix des périphéries

    Enfin, François rappelle l'importance d'écouter les périphéries, l'endroit d'où «le monde peut être vu plus clairement».

    «Nous devons écouter les périphéries, leur ouvrir les portes et leur permettre de participer. La souffrance du monde est mieux comprise aux côtés de ceux qui souffrent. D'après mon expérience, lorsque des personnes, hommes et femmes, qui ont souffert dans leur propre chair de l'injustice, de l'inégalité, de l'abus de pouvoir, de la privation, de la xénophobie, je constate qu'elles comprennent mieux ce que vivent les autres et sont capables de les aider à ouvrir, de manière réaliste, des chemins d'espérance», conclut le Saint-Père.

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    La synodalité dans l'Église, sans langue de buis

    Après l’ouverture officielle à Rome par le pape François, chaque diocèse est invité à entrer dans la phase préparatoire du Synode sur la synodalité dans l’Église ce dimanche 17 octobre. Tous les catholiques, fidèles laïcs plus ou moins proches de l’Église, prêtres et consacrés, sont invités à apporter leur contribution pour transformer les communautés chrétiennes en une « Église synodale ». 

    Sœur Nathalie Becquart, sous-secrétaire du Synode des évêques, vient de Rome pour dialoguer avec Agnès Desmazières, membre de l’équipe nationale pour le Synode et auteur de L’heure des laïcs (Salvator), Nicolas Bauquet, membre de l’équipe du diocèse de Paris pour le synode et le Père Nicolas Risso, vicaire général du diocèse de Tulle.

    source https://www.ktotv.com/

    Et pour ici au Québec VOIR ICI

    Pour le Diocèse de Sherbrooke..Célébration diocésaine d’ouverture du Synode romain 2021-2023

    La synodalité dans l'Église, sans langue de buis - KTO TV

     

     

     

     

     

     

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  • En 2020, près d'une personne sur trois n'avait pas accès à une alimentation adéquate. En 2020, près d'une personne sur trois n'avait pas accès à une alimentation adéquate.  

    Le Saint-Siège prône des systèmes alimentaires résilients et inclusifs

    L'observateur permanent du Saint-Siège auprès de la FAO, du FIDA et du PAM, Mgr Fernando Chica Arellano, a rappelé l'importance de l'alimentation pour «une vie digne» et exhorte à une «logique du soin» pour la Terre.
     

    Isabella Piro - Cité du Vatican 

    Résilients, inclusifs et durables: c'est ainsi que doivent être les systèmes alimentaires pour mettre fin au «fléau de la faim». C'est ce qu'a rappelé Mgr Fernando Chica Arellano, observateur permanent du Saint-Siège auprès de la FAO, du FIDA et du PAM, qui s'est exprimé mardi 12 octobre, lors du séminaire d'étude consacré au thème «Systèmes alimentaires résilients, inclusifs et durables: des paroles aux actes». L'événement a été organisé par le Dicastère pour le service du développement humain intégral, en collaboration avec la mission permanente du Saint-Siège auprès de la FAO, du FIDA et du PAM et le Forum de Rome des ONG d'inspiration catholique. Le point de départ de la réunion était le sommet des Nations unies sur les systèmes alimentaires qui s'est tenu en septembre, ainsi que le pré-sommet sur le même sujet organisé à Rome par le gouvernement italien en juillet.

    320 millions de personnes supplémentaires sans alimentation adéquate

    En 2020, près d'une personne sur trois n'avait pas accès à une alimentation adéquate: cela représente 320 millions de personnes supplémentaires, une augmentation vertigineuse par rapport à 2019, en partie due à l'impact de la pandémie de Covid-19.

    Toutefois, souligne l'observateur permanent, la question des ressources alimentaires va au-delà d'une simple «approche quantitative»: elle doit en effet avoir «un esprit ouvert» qui prend également en compte le changement climatique, la gestion des déchets et de la pollution, la diminution de l'eau potable et la perte de biodiversité. Le bon point de vue, explique Mgr Chica Arellano, doit être «la logique du soin», car ce n'est qu'ainsi que les systèmes alimentaires peuvent «protéger la Terre et garder au centre la dignité de la personne humaine, en garantissant une alimentation suffisante pour tous et en promouvant un travail décent au niveau local».

    Reconnaître le droit à l'alimentation des réfugiés

    Face aux «injustices systémiques», nous avons besoin d'une «transformation systémique» qui vise des systèmes alimentaires résilients, inclusifs et durables. Les systèmes alimentaires résilients sont ceux dans lesquels le droit à l'alimentation est également reconnu pour les groupes vulnérables, comme les réfugiés, et ceux qui se concentrent sur les innovations technologiques et sociales, car elles «améliorent l'efficacité et réduisent le coût des énergies propres», ce qui suscite l'espoir. Les systèmes alimentaires inclusifs permettent également de lutter contre la faim grâce à la «collaboration entre les secteurs public et privé, la société civile et les universités».

    Donner la parole aux femmes, aux jeunes et aux peuples autochtones

    Dans cette optique, Mgr Chica Arellano braque les projecteurs sur trois catégories spécifiques qui «doivent avoir une large voix et être impliquées dans les processus politiques et décisionnels»: les petites productrices rurales, qui «doivent se voir garantir l'accès à la terre et au crédit afin de pouvoir jouer le rôle de catalyseurs et de facilitateurs de la transition»; les jeunes, qui représentent «les leaders d'aujourd'hui et non de demain, car la transformation des systèmes alimentaires est aussi une question de justice entre les générations»; et les peuples autochtones, qui «jouent un rôle fondamental dans la préservation et la protection de la nature».

    L'homme est l'intendant, et non le propriétaire, de la Création

    Enfin, les systèmes alimentaires durables sont ceux qui respectent «l'environnement, les travailleurs et les générations futures». Ce n'est qu'ainsi, en effet, affirme l'observateur permanent, que la durabilité peut être «environnementale, économique et sociale», permettant de construire «de nouveaux modèles de développement basés sur le soin de notre maison et de notre famille communes», grâce à une humanité consciente «d'être un intendant responsable de la Terre».

    L'éradication de la faim dans le monde est l'affaire de tous

    La bonne stratégie pour atteindre ces objectifs, a-t-il ajouté, est celle du «voir-juger-agir» et donc de «passer des paroles aux actes», car «chacun d'entre nous doit être animé par le même objectif d'éradiquer la faim dans le monde et de garantir un accès égal à une alimentation saine et nutritive». Si les systèmes alimentaires ne sont pas «équitables et durables» et si la pensée contemporaine ne comprend pas à quel point «l'alimentation est essentielle pour une vie digne et saine en harmonie avec la nature", alors "il n'y aura pas de futur, mais pas de présent» non plus, prévient le représentant du Saint-Siège. 

    source https://www.vaticannews.va/

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  • De la Sainteté

    De la Sainteté - Élisabeth

    Nous allons bientôt célébrer la Toussaint, la fête de tous les saints, célébration instituée par l’Eglise catholique au VIIe siècle pour honorer ses martyrs. Chaque jour, dans la liturgie de l’Eglise, un saint est célébré. Souvent, sa vie et son témoignage nous sont résumés en quelques lignes en introduction aux lectures du jour dans les missels. La vie de ces saints constitue une véritable catéchèse pour les fidèles. Ces hommes et ces femmes nous sont proches par leur cheminement qui souvent ne fut pas simple ni exempt d’épreuves. Ils témoignent en leur vie en Christ, de l’amour de Dieu pour toute ses créatures.


    Selon nos besoins ou l’écho qu’ils trouvent en nos cœurs, nous nous attachons à certains d’entre eux plus qu’à d’autres. Nous les prions, et nous leur demandons d’intercéder pour nous auprès du Père, auprès du Christ. Souvent nous prions tel ou tel saint selon la cause à laquelle il est associé. Pour exemple, on se tourne vers sainte Rita pour les causes désespérées, saint Antoine de Padoue pour retrouver des objets perdus, Sainte Cécile pour les maladies des yeux…. Par la suite, l’Eglise, pour honorer la mémoire des fidèles défunts, a choisi tout naturellement la date du 2 Novembre afin d’accorder un bénéfice général de prières à ceux, parmi ces défunts qui n’en avaient pas.


    Cette pratique n’a rien de suspect ou d’incongrue. Le dogme dela communion des saints, établi au concile de Nicée-Constantinople, enseigne en effet dans le Credo, qu’il y a une solidarité entre les morts et les vivants. Cette communion se vit au plus près dans l’eucharistie qui rassemble chaque fidèle par l’Esprit saint en un seul corps. Un corps vivant, corps mystique du Christ, qui bien que composé à la fois de saints et de pécheurs est tout entier saint par la grâce du baptême. Une sainteté donc effective mais à acquérir.
    Mais qu’est-ce que la sainteté ?
    Durant des siècles, il nous a été dit, dans le monde religieux aussi bien que laïc, que seul est saint, celui qui est parfait : seul l’homme paré de toutes les vertus est saint. Challenge si impossible à relever que beaucoup l’ont laissé être le lot d’âmes singulières, particulièrement élevées. Quantaux téméraires qui ont exprimé le désir et l’ambition de s’y essayer, on les a souvent raillés en les traitant au mieux de fou, au pire d’orgueilleux.

     
    Il n’en est pas de même aujourd’hui. Depuis Vatican II, voici ce que l’Eglise nous dit de la sainteté :
    « Elle caractérise en premier la nature de Dieu et par extension l’état de vie de ceux qui par leur exemple et leur union au Christ sont des modèles pour les autres. La sainteté c’est union au Christ à laquelle tous les baptisés sont appelés. C’est la charité vécue pleinement, c’est-à-dire l’amour de Dieu par-dessus toute chose et l’amour du prochain. Elle est un caractère essentiel de ceux qui veulent être des témoins de Dieu aujourd’hui. L’appel universel à la sainteté fut rappelé par le Concile Vatican II (Lumen gentium 40) »
    Quand dit la Bible, à savoir la Torah « le Pentateuque ». Qu’en disent les fils d’Israël, ceux que l’Eglise nomme « frère aîné dans la foi ».


    Il est écrit dans le livre du Lévitique : « Soyez saints, car Je suis saint, moi, l’Eternel votre Dieu. »(Lv 19,2). Injonction qui fut clairement adressée par Dieu à tout un chacun : homme, femme, enfant, sans acception de personne. Dans le judaïsme être « saint » ce n’est pas être « parfait » tam, en hébreu ni « vertueux ou juste » tsadiq en hébreu. C’est être qadosh seul mot qui signifie « saint » en hébreu.
    Dans la Bible, Dieu, Israël à savoir le peuple et la terre, le coh en sont qualifiés de qadosh, saints. Par cette injonction : « soyez saint ! » chacun d’entre nous est invité, c’est-à-dire qu’il le peut, ce n’est pas réservé à une élite, à le devenir.

    Le mot qadosh a plusieurs sens : « sanctifier », « consacrer », « séparer ».
    Séparer : pour quoi faire ?
    Tout simplement pour une « mise à part », « une mise à distance » de la communauté des hommes, non pas pour s’en exclure, la négliger ou la mépriser mais pour mieux revenir à elle, après avoir rencontré dans la solitude, le silence et la prière, celui qui habite au milieu de nous, dans l’intime de notre intime. Une « mise à part », pour révéler l’étincelle divine unique que Dieu a mise en moi qui fait de moi un être unique : cette couleur, cette forme, cette vibration, cette note singulière. Je me dois dela dévoiler, de la déployer pour l’offrir à mes frères et sœurs en humanité, car elle est une facette de Son amour, un de Ses visages à incarner en mon visage, dans ce monde.  


    Il s’agit de délivrer de sa gaine le « je serai » qui vit au dedans de moi ; le « Je serai qui Je serai », Son Nom, en devenir en chacun de nous, à advenir, à mettre au monde, christ-messie, en nous : c'est cela la sainteté.
    « Je serai » est un des noms que Dieu a donné à Moïse au buisson ardent.( Exode3,14).
    C’est ainsi qu’ont procédé ceux que l’on appelle des saints. Ce n’étaient pas des êtres parfais mais des hommes et des femmes qui ont tous dévoilé, mus par un fervent amour de Dieu, cet unique qui vivait en eux, défrichant dans la jungle de leur histoire personnelle, creusant dans leurs blessures et leurs manques, des voies nouvelles pour adorer et aimer celui qui est tout amour, construisant pour eux et pour leurs frères en humanité, ces sentiers, ces chemins qui conduisent tout droit au cœur de la Très Sainte Trinité. Voies devenues des feux lumineux clignotant sur la route de nos vies pour orienter et soutenir ici-bas, le pèlerin en marche que nous sommes.


    Quelle est ma sainteté ? Ma façon unique de percevoir la Trinité Une, le monde, l’autre et de l’aimer ?
    Le Christ fut reconnu par ceux qu’on nomme « les disciples d’Emmaüs » à la fraction du pain. Il avait une manière qui n’appartenait qu’à lui de rompre le pain, et quel qu’ait été le visage qu’il pouvait emprunter, c’est à cela qu’on savait que c’était lui et pas un autre.
    De la même manière quand un être cher nous quitte, ce dont on se souvient ce n’est pas tant ce qu’il disait mais la manière unique qu’il avait de s’assoir, de tenir sa tasse de thé, de marcher, de poser sa main sur notre épaule, ou tout autre attitude.

    Sanctifier : c’est quoi ? C’est « Sanctifier Son Nom », le mettre à part, l’exalter, lui donner du « poids », kavod , en hébreu, mot qui signifie aussi « honorer ». Donner du poids à Dieu, c’est le faire exister dans le monde par nos actions, nos louanges : témoigner de Sa présence en étant canal de cette présence. C’est ainsi que dans le même temps, on se sanctifie :"Soyez saints car je suis Saint moi l’Éternel votre Dieu" (Lv 19).
    Consacrer : comment ? Ce mot signifie : « se donner », « se vouer à ». La plus belle consécration n’est-ce pas celle des noces ? Le « mariage » se dit qidouchim, en hébreu, même racine que le mot qadosh. L’être humain a une vocation d’épouse, il est convié, qu’il soit homme qu’il soit femme, aux noces mystiques divines. Dieu est saint, Il est même trois fois saint nous dit le prophète Isaïe. C’est Sa nature. Comme il y a une nature minérale, végétale, animale, humaine, il y a une nature divine et nous savons que seules les créatures de même nature peuvent s'unir, c'est pourquoi, Il nous demande de changer notre nature pour que cette union soit possible.


    Elisabeth Smadja

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  • Méditation quotidienne de Richard Rohr

    Du Centre d'action et de contemplation

     Barbara Holmes, Untitled 2 (détail), 2021, photographie, États-Unis. 

    Contempler la création 

    Louez le Seigneur de la terre, des monstres marins et de tous les abîmes ; Feu et grêle, neige et nuages; Vent orageux, accomplissant la parole de Dieu ; Montagnes et toutes les collines ; Arbres fruitiers et tous les cèdres; Les bêtes et tous les bovins ; Les choses rampantes et les oiseaux ailés ;  

    Qu'ils louent le nom du Seigneur,
    Car seul le nom de Dieu est exalté ;
    La gloire de Dieu est au-dessus de la terre et du ciel.

    —Psaume 148 : 7-10, 13

    Les méditations quotidiennes de cette semaine se concentrent sur la création comme source d'inspiration pour la contemplation et l'action. Fr. Richard explique comment « voir » ou percevoir Dieu dans la nature constitue la base d'une spiritualité incarnée :

    La spiritualité de la création a ses origines dans les Écritures hébraïques telles que les Psaumes 104 et 148. C'est une spiritualité qui est enracinée, tout d'abord, dans la nature, dans l'expérience et dans le monde tel qu'il est. Cette riche spiritualité hébraïque a formé l'esprit et le cœur de Jésus de Nazareth.

    Peut-être que nous ne ressentons pas l'impact de cela jusqu'à ce que nous réalisions combien de personnes pensent que la religion a à voir avec des idées, des concepts et des formules de livres. C'est ainsi que nous avons été formés pendant des années. Nous sommes partis, non pas dans un monde de nature, de silence et de relations primitives, mais dans un monde de livres. Eh bien, ce n'est pas la spiritualité biblique, et ce n'est pas là que la religion commence. Cela commence par observer « ce qui est ». Paul dit : « Depuis la création du monde, l'essence invisible de Dieu et sa puissance éternelle ont été clairement vues par la compréhension de l'esprit des choses créées » (Romains 1:20). Nous connaissons Dieu à travers les choses que Dieu a faites. Le premier fondement de toute véritable vision religieuse est, tout simplement, d' apprendre à voir et à aimer ce qui est. La contemplation, c'est rencontrer la réalité dans sa forme la plus simple et la plus directe, non jugée, inexpliquée et incontrôlée !

    Si nous ne savons pas aimer ce qui est juste devant nous, alors nous ne savons pas comment voir ce qui est. Il faut donc commencer par une pierre ! Nous passons de la pierre au monde végétal et apprenons à apprécier les choses qui poussent et à voir Dieu en elles. Dans tout le monde naturel, nous voyons le vestigia Dei, qui signifie les empreintes digitales ou les empreintes de pas de Dieu. 

    Peut-être qu'une fois que nous pourrons voir Dieu dans les plantes et les animaux, nous pourrons apprendre à voir Dieu dans nos voisins. Et puis nous pourrions apprendre à aimer le monde. Et alors, quand tout cet amour aura eu lieu, quand toute cette vision aura eu lieu, quand de telles personnes viendront me voir et me diront qu'elles aiment Jésus, je le croirai ! Ils sont capables d'aimer Jésus. L'âme est préparée. L'âme est libérée et elle a appris à voir et à recevoir, à entrer et à sortir d'elle-même. De telles personnes pourraient bien comprendre comment aimer Dieu.

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    Adapté de Richard Rohr, « Le christianisme et la création : A Franciscan Speaks to Franciscans », dans Embracing Earth : Catholic Approaches to Ecology , éd. Albert J. LaChance et John E. Carroll (Orbis Books: 1994), 130-131. 

    Crédit image : Barbara Holmes, Sans titre 2 (détail), 2021, photographie, États-Unis.

    L'équipe créative du CAC a envoyé un appareil photo à usage unique au Dr B dans le cadre d'une exploration de la photographie contemplative et elle a rendu cette magnifique photo.

    Inspiration d'image: Ces fleurs lumineuses contrastent avec les tons sourds du buisson d'où elles proviennent. Leur beauté attire notre attention comme une invitation à se perdre dans cet instant présent.

    En savoir plus sur l'équipe éditoriale de Daily Meditations. 

    Source https://cac.org/

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  • sceau de Shéma

    Sceau de Shéma, serviteur de Jéroboam, un roi du royaume du Nord (Pinterest).

    Le lion de Juda

    SYLVAIN CAMPEAU :11 OCTOBRE 2021

    Sur le territoire de l’ancien Israël, le lion était un animal qu’on pouvait observer. Considéré par les sages comme « le plus valeureux des animaux » (Pv 30,30), il était à la fois craint et admiré. Il n’est donc pas étonnant que le lion soit devenu un symbole associé à la royauté.

    L’origine de l’expression « lion de Juda » vient du livre de la Genèse où l’animal est associé à la tribu de Juda. En Gn 49,9, le patriarche Jacob désigne son fils Juda par l’expression hébraïque gour arieh (jeune lion). En lisant le passage, on comprend qu’il est appelé à gouverner : « Le sceptre ne s’écartera pas de Juda, ni le bâton de commandement d’entre ses pieds jusqu’à ce vienne celui auquel il appartient et à qui les peuples doivent obéissance. » (49,10)

    Dans le livre d’Ézéchiel, le symbolisme est repris dans une complainte évoquant les derniers rois de Juda (voir Ez 19). Le premier est exilé en Égypte : il s’agit sans doute de Joachaz (609) dont le règne ne dura que trois mois (voir 2 R 23,31-34). Le deuxième est déporté à Babylone : on peut y reconnaitre Joakin (598-597) qui sera libéré de sa prison après 36 ans de captivité par le fils et successeur de Nabuchodonosor, Ewil-Mérodak (voir 2 R 25,27 ou Jr 52,31).

    On devine, dans la deuxième partie de Gn 49,10 (cité plus haut), une référence à un héritier du roi David. Une relecture chrétienne du passage y voit une annonce du Christ qui, seul, est jugé digne d’ouvrir le livre scellé de l’Apocalypse : « Voici, il a remporté la victoire, le lion de la tribu de Juda, le rejeton de David : Il ouvrira le livre et ses sept sceaux. » (Ap 5,5) Le symbole est ainsi passé de l’ancienne à la nouvelle Alliance.

    Diplômé en études bibliques (Université de Montréal), Sylvain Campeau est responsable de la rédaction.

    SOURCE  http://www.interbible.org/

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  • Préparons dimanche 

    29ème dimanche du Temps ordinaire
    17 octobre 2021
    (Année Marc – B)
    Début de la semaine missionnaire mondiale
    et Journée mondiale du refus de la misère

    Pour être premier, il faut servir

    Accueil
    Aujourd’hui Dieu nous parle.
    Sa Parole nous rappelle
    les engagements de notre baptême.
    Être disciple de Jésus engage à le suivre
    sur un chemin magnifique, mais exigeant.
    Il est impossible d’y parvenir par nos propres forces.
    Ouvrons nos cœurs à Jésus
    pour qu’il vienne y déployer
    toute la puissance de son Esprit.
    Tout au long de cette célébration,
    implorons-le dans nos cœurs, pour qu’il nous aide
    à marcher avec lui sur ce chemin.

    Évangile : Marc 10, 35-45

    Homélie

    Textes bibliques : Lire
    En ce dimanche, nous entrons dans la semaine missionnaire mondiale. C’est aussi la journée mondiale du refus de la misère. Il est heureux que les deux soient associées. Nous vivons dans un monde qui est dominé par la recherche du pouvoir et du prestige. Comment être messagers du Christ si nous n’allons pas à contre-courant de cette mentalité ?

    Les disciples eux-mêmes se sont laissé prendre au piège. Ils en étaient venus à se poser la question : qui est le plus grand ? Qui est à la première place ? L’Évangile de ce jour et l’Ancien Testament nous apportent une réponse : le plus grand, c’est celui qui se fait serviteur et même esclave, c’est celui qui accepte de partager la faiblesse des hommes, leur souffrance et même leur mort.

    Tout cela nous invite à réviser notre manière de vivre à l’intérieur de notre société. Nous pensons à tous ceux et celles qui s’engagent au service des autres. Pour certains, cela passe par un engagement politique ou syndical ; d’autres trouvent leur place dans une association humanitaire ; d’autres encore sont engagés au service de leur paroisse. En ce dimanche, nous sommes plus spécialement invités à nous associer à la lutte contre la misère. Cela passe par une attention plus grande à ceux et celles qui en sont les victimes. À travers nos engagements, nos gestes de partage et de solidarité, nous participons à la mission du Christ qui s’est fait serviteur.

    En effet, toute la Bible nous dit que Dieu se met au service de l’homme. Il est celui qui a vu la misère de son peuple. Il se fait petit, humble et serviteur pour nous aider à mieux accepter le Salut qu’il nous offre. La lettre eux Hébreux (2ème lecture) nous dit que le Christ a partagé nos épreuves. Il est celui qui nous fait grâce et nous obtient la miséricorde. Il fait le lien entre la terre et le ciel. Le pape Jean-Paul II disait qu’il a donné Dieu aux hommes et les hommes à Dieu.

    Nous chrétiens baptisés et confirmés, nous sommes tous appelés à participer à ce sacerdoce du Christ. Nous sommes envoyés dans le monde pour être les messagers de la bonne nouvelle de l’Évangile. Notre priorité doit aller vers ceux et celles qui sont douloureusement éprouvés par la maladie, la souffrance et les misères de toutes sortes. Trop souvent, nous cherchons Dieu dans le ciel. En fait, il se présente à nous à travers le visage du petit, du pauvre, de celui ou celle qui souffre de la solitude. Nous risquons de passer à côté de lui sans le reconnaître ; c’est ce qui se passe quand nous le cherchons dans le bruit, la toute-puissance et la majesté. Le signe de la toute-puissance de Dieu c’est la croix, c’est de donner sa vie pour ceux qu’on aime.

    Dans cet Évangile, nous voyons que les disciples n’ont rien compris. Jésus vient de leur annoncer sa Passion, sa mort et sa résurrection. Les Douze suivent sans empressement car ils ont peur. Ils savent ce qui les attend à Jérusalem. De ce groupe, deux hommes se détachent, Jacques et Jean. Pour être rassurés, ils demandent à Jésus de siéger à sa droite et à sa gauche dans son Royaume. Les autres disciples s’indignent : “Pourquoi pas nous ?” Mais Jésus ne s’indigne pas. Il sait ce qu’il y a dans le cœur de l’homme. S’il intervient, c’est pour les amener et nous amener à changer de perspective. Il dénonce les rapports de force et de supériorité. Le pouvoir comme écrasement des autres ne doit pas avoir sa place parmi les disciples.

    La gloire du Christ se manifestera sur la croix. À sa droite et à sa gauche, nous trouverons deux bandits. La coupe qu’il boira sera celle de sa Passion qui l’introduira dans le Royaume. Là, toutes les relations seront transformées. Chacun y découvrira que sa place est un don de Dieu. C’est ainsi que Jésus a aboli la loi du plus fort. Il l’a remplacée par celle du plus aimant. C’est une conversion de tous les jours que nous obtiendrons en contemplant et un accueillant « Jésus serviteur ». Il est celui qui « nous a aimés comme on n’a jamais aimé. »

    C’est très important pour nous aujourd’hui : notre monde juge le christianisme à travers ceux qui le pratiquent, donc à travers nous. Notre première tâche c’est de nous imprégner de l’Esprit Saint pour ne pas déformer le visage de l’Évangile. Lui seul peut nous éclairer sur le vrai sens de notre service : il nous apprendra à reconnaître le visage du Christ à travers ceux et celles que nous rencontrons sur notre route. En célébrant cette Eucharistie, nous demandons au Seigneur qu’il nous guide sur le chemin d’une vraie conversion ; qu’il nous donne force et courage pour chercher non à être servi mais à servir.

    Sources : Homélies des prochains dimanches (Diocèse de Blois), Commentaires de Marie Noëlle Thabut, Revue Feu Nouveau, Fiches dominicales…

    Autre source https://puiseralasource.org/

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