• Méditation quotidienne de Richard Rohr

    Du Centre d'action et de contemplation

     Crédit d'image: Dorothea Lange.  (1936) «Bum blockade».  Tous se dirigent vers le nord.  Au sud de King City, Californie.  Difficile d'obtenir une trace de ce mouvement car ces hommes ne seraient pas photographiés à la suite de l'activité policière de Los Angeles (détail), photographie, domaine public.
     

    Le Dieu de l'accueil 

    Le révérend Stephanie Spellers est un leader de l'Église épiscopale, travaillant avec Mgr Michael Curry pour diffuser un message d'amour inclusif et expansif de Dieu. Elle suit comment nous passons d'un amour de soi, et de ceux comme nous, à un amour génératif pour tous:

    En regardant de près le témoignage de l'Écriture, nous voyons un Dieu qui non seulement cherche la relation et l'union avec la création, mais qui tend la main intentionnellement à tous, et en particulier aux exclus. Peu importe à quel point nous pouvons nous sentir impurs, indignes, insignifiants ou marginalisés ou que d'autres peuvent prétendre que nous sommes, le Dieu de la grâce et de l'accueil brise toutes les barrières pour nous embrasser et nous ramener à la maison.

    De peur que nous ne pensions que l'accueil est destiné à nous ou à notre groupe seul, les Écritures sont remplies de rappels aux élus de Dieu qu'ils ne sont pas les seuls que Dieu accueille. Dans le Deutéronome, Moïse parle aux Israélites alors qu'ils quittent l'esclavage en Égypte et dans le désert. Le clan effrayé, fatigué et confus a sans aucun doute cherché du réconfort en sachant que leur alliance avec Dieu les rendait spéciaux. Ils ont vite appris qu'il n'y a pas de repos pour les élus de Dieu. Au lieu de cela, le peuple de Dieu est appelé pour une mission spéciale.

    Le Seigneur votre Dieu est le Dieu des dieux et le Seigneur des seigneurs, le grand Dieu, le puissant et le génial, qui n'est pas partial et ne prend aucun pot-de-vin, qui exécute la justice pour l'orphelin et la veuve, et qui aime les étrangers, leur fournissant nourriture et vêtements. Vous aimerez aussi l'étranger, car vous étiez étrangers au pays d'Égypte. (Deutéronome 10: 17-19)

    Il est vrai que Dieu se tient aux côtés du peuple de Dieu à chaque épreuve, mais pas pour qu'il s'assoie confortablement avec le privilège de la faveur divine apparente. Désormais, ils doivent être solidaires, accueillir gracieusement et accueillir les plus vulnérables au sein de leur communauté et au-delà qu'ils pourraient avoir le plus de mal à accepter: l'orphelin, la veuve, l'étranger, l'Autre. Dieu l'a fait pour eux. Maintenant, ils sont appelés à répondre en nature, imitant littéralement le Dieu qui les a aimablement accueillis. . . .

    N'est-ce pas le jeûne que je choisis: lâcher les liens de l'injustice, défaire les lanières du joug, laisser les opprimés se libérer et briser tout joug? N'est-ce pas pour partager votre pain avec les affamés et pour amener les pauvres sans-abri dans votre maison? quand vous les voyez nus, pour les couvrir et ne pas vous cacher de vos proches? (Ésaïe 58: 6-7)

    Dieu l'a dit clairement: si vous m'aimez, vous travaillerez pour la libération avec les opprimés et les marginalisés parmi vous, et vous partagerez votre maison et votre nourriture avec ceux qui n'en ont pas. Vous ne vous cacherez pas des frères et sœurs que j'ai placés près de vous. Au contraire, vous sortirez activement pour les rencontrer et les attirer vers vous, même si c'est risqué, même si vous vous sentez mal à l'aise.

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    Stephanie Spellers, Radical Welcome: Embracing God, the Other, and the Spirit of Transformation (Church Publishing, Inc.: 2006), p. 36-38.

    Crédit d'image: Dorothea Lange. (1936) «Bum blockade». Tous se dirigent vers le nord. Au sud de King City, Californie. Difficile d'obtenir une trace de ce mouvement car ces hommes ne seraient pas photographiés à la suite de l'activité policière de Los Angeles (détail), photographie, domaine public.

    Inspiration d'image: à qui excluons-nous notre amour? Puissions-nous marcher courageusement dans les horizons de l'amour permettant à nos cœurs de s'étendre et de s'intégrer radicalement.

    source https://cac.org/

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  • Méditation quotidienne de Richard Rohr

    Du Centre d'action et de contemplation

     Crédit d'image: Dorothea Lange.  (1936) «Bum blockade».  Tous se dirigent vers le nord.  Au sud de King City, Californie.  Difficile d'obtenir une trace de ce mouvement car ces hommes ne seraient pas photographiés à la suite de l'activité policière de Los Angeles (détail), photographie, domaine public.
     
     L'amour donne la vie 
     

    La religion, à son meilleur, aide les gens à amener cet amour divin fondamental dans une conscience toujours croissante. En d'autres termes, il s'agit plus de se réveiller que de nettoyer. La religion à un stade précoce a tendance à se concentrer sur le nettoyage, c'est-à-dire sur la détermination de qui satisfait aux exigences de comportement moral et de croyance religieuse.

    À ce stade, du moins aux États-Unis, il semble que notre sens culturel se soit réduit à ceci:  il s'agit de gagner . Ensuite, une fois que nous gagnons, tout devient une question de consommation. Je ne peux discerner aucune autre philosophie sous-jacente dans l'ordre pratique de la vie américaine aujourd'hui. En elle-même, une telle vision du monde ne peut pas nourrir l'âme très bien ou très longtemps, encore moins donner un sens et un encouragement, ou engendrer l'amour ou la communauté.

    Pour avoir un aperçu d'une vision du monde plus vivifiante, nous pouvons nous tourner vers les Écritures et les saints sages comme Julien de Norwich (1342–1416), qui a écrit que «L'amour est la signification de notre Seigneur». [1] Après des années à conseiller des personnes religieuses et non religieuses, il me semble que la plupart des humains ont besoin d'un objet d'amour (qui, espérons-le, deviendra un sujet commun!) Pour rester à la fois sains d'esprit et heureux. Cet objet d'amour devient notre «étoile du Nord», servant de boussole morale et de raison de continuer à mettre un pied devant l'autre de manière heureuse et pleine d'espoir. Nous avons tous besoin de quelqu'un ou de quelque chose, ou d'un animal (est-ce que quelqu'un vous a déjà dit que notre mot anglais animal vient de anima,le latin pour l'âme?) pour relier nos cœurs à nos têtes. L'amour nous fonde en créant de la concentration, de la direction, de la motivation, voire de la joie - et si nous ne trouvons pas ces choses dans l'amour, nous essaierons généralement de les trouver dans la haine. Nous pouvons certainement voir les conséquences de ce besoin d'amour non satisfait dans notre société aujourd'hui!

    D'une certaine manière, l'objet de notre affection est arbitraire. Cela peut commencer par un amour du golf, une maison propre, votre chat ou un désir de cultiver une certaine réputation pour vous-même. Certes, la grandeur de l'objet finira par déterminer la grandeur de l'amour, mais Dieu utilisera n'importe quoi pour nous aider à démarrer, à nous concentrer et à couler. Seuls quelques-uns commencent réellement ce voyage avec Dieu comme objet. C'est tout à fait normal. Dieu n'est pas en concurrence avec la réalité, mais en pleine coopération avec elle.  Toutes les amours, passions et préoccupations humaines peuvent amorcer la pompe, et ce n'est qu'avec le temps que la plupart d'entre nous découvrent la source première et finale de ces amours. Dieu est clairement humble et ne semble pas se soucier de qui ou de ce qui en a le mérite. Tout ce qui suscite le flux pour vous - à ce moment et à cette rencontre, cette chose  est Dieu pour toi! Je ne dis pas cela sans fondement théologique, parce que ma foi trinitaire dit que Dieu est relation lui-même. Les noms des trois «personnes» de la Trinité ne sont pas aussi importants que la relation entre eux. C'est là que se trouve toute la puissance - entre les deux!

     
     

    [1] Julien de Norwich, Showings (Long texte) , chap. 86. Voir Showings , trans. Edmund Colledge et James Walsh (Paulist Press: 1978), 342.

    Adapté de Richard Rohr, Le Christ universel: comment une réalité oubliée peut changer tout ce que nous voyons, espérons et croyons (Convergent: 2019), 72-74, 75. 

    Crédit d'image: Dorothea Lange. (1936) «Bum blockade». Tous se dirigent vers le nord. Au sud de King City, Californie. Difficile d'obtenir une trace de ce mouvement car ces hommes ne seraient pas photographiés suite à l'activité policière de Los Angeles (détail), photographie, domaine public.

    Inspiration d'image: à qui excluons-nous notre amour? Puissions-nous marcher courageusement dans les horizons de l'amour permettant à nos cœurs de s'étendre et de s'intégrer radicalement.

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  • Le cardinal Cantalamessa offre une méditation sur la nature divine du Christ

    Pour son troisième enseignement du Carême 2021, le prédicateur de la Maison pontificale s'est penché sur la nature du Christ, après avoir abordé la semaine dernière sa nature humaine.
     

    Pour cette nouvelle méditation du vendredi matin, le cardinal Raniero Cantalamessa a poursuivi son exploration de la figure du Christ, à travers le dogme, c'est-à-dire non pas sous la forme d'une figure idéalisée ou humanisée comme le présentent certains courants, mais «le Christ vrai homme, le Christ vrai Dieu, le Christ une seule personne».

    «La terminologie dogmatique de l’Église primitive est comme un château enchanté, dans lequel se trouvent des princes et les plus gracieuses des princesses, plongés dans un sommeil profond. Il suffit tout simplement de les réveiller pour qu’ils se mettent debout et apparaissent dans toute leur gloire», indiquait avec une certaine emphase poétique le philosophe Kierkegaard dans son Journal, cité par le prédicateur de la Maison pontificale en guise de préambule.

    Le dogme du Christ «vrai Dieu»

    Le cardinal Cantalamessa a tout d'abord proposé un plongeon dans l'Histoire, dans le contexte des persécutions menées au IIe siècle contre les premières communautés chrétiennes disséminées dans l'Empire romain. «En l'an 111 ou 112 après J.-C., Pline le Jeune, gouverneur de la Bithynie et du Pont, écrivait une lettre à l'empereur Trajan, pour lui demander des instructions sur la manière dont il convenait de se comporter dans les procès intentés contre les chrétiens. D'après les informations qu'il avait prises - écrivait-il à l'empereur – “toute leur erreur ou leur faute avait été renfermée dans ces points: qu'à un jour marqué, ils s'assemblaient avant le lever du soleil, et chantaient tour à tour des vers à la louange de Christ, comme s'il eût été dieu: carmen Christo quasi Deo dicere”.  Nous sommes en Asie Mineure, quelques années après la mort du dernier Apôtre, Jean, et les chrétiens proclament déjà, dans leur liturgie, la divinité du Christ! La foi en la divinité du Christ est née avec la naissance de l'Église», a raconté le prédicateur franciscain.

    Proposant ensuite «une brève reconstitution de l'histoire du dogme de la divinité du Christ», le cardinal Cantalamessa a rappelé que c'est lors du Concile de Nicée en 325 que fut constituée cette affirmation du Credo: «Je crois en un seul Seigneur, Jésus-Christ […] vrai Dieu né du vrai Dieu, engendré non pas créé, de même nature que le Père». Le sens de cette formulation est de montrer que «dans toute langue et à toute époque, on doit reconnaître le Christ comme Dieu dans le sens le plus fort et le plus élevé que le mot Dieu a dans telle langue et telle culture, et pas dans un autre sens dérivé et secondaire».

    Mais la diffusion de ce cadre théologique et dogmatique a été lente. «Il fallut près d'un siècle de mise au point avant que cette vérité ne fût reçue, dans sa radicalité, par l'ensemble de la chrétienté. Une fois surmontés les retours de l'arianisme dus à l'arrivée de peuples barbares qui avaient reçu la première évangélisation des hérétiques (Goths, Wisigoths et Lombards), le dogme devint le patrimoine pacifique de toute la chrétienté, tant orientale qu'occidentale», a expliqué le cardinal. 

    Beaucoup plus tard, la Réforme protestante a ouvert une brèche dont les conséquences ont dépassé ses propres acteurs. «En réaction au formalisme et au nominalisme qui réduisent les dogmes à des exercices de virtuosité spéculative», les réformateurs protestants opposent «une connaissance subjective, intime ; au témoignage extérieur de l'Église - et parfois même des Écritures - sur Jésus, on préfère le "témoignage intérieur" que l'Esprit Saint rend à Jésus dans le cœur de tout croyant».

    «Les Lumières et le rationalisme y ont trouvé le terrain propice à la démolition du dogme, a expliqué le cardinal Cantalamessa. Pour Kant, ce qui compte, c'est l'idéal moral proposé par le Christ, plutôt que sa personne. La théologie libérale du XIXe siècle réduit pratiquement le christianisme à la seule dimension éthique et en particulier à l'expérience de la paternité de Dieu. On dépouille l'Évangile de tout le surnaturel: miracles, visions, résurrection du Christ. Le christianisme devient seulement un sublime idéal éthique qui peut faire abstraction de la divinité du Christ et même de son existence historique.» C'est cette logique idéaliste qui a poussé Gandhi à écrire cet aveu paradoxal: «Il ne m'importerait même pas que quelqu'un prouve que l'homme Jésus n'a jamais réellement vécu et que ce que nous lisons dans les évangiles n'est que le fruit de l'imagination de l'auteur. Le Sermon sur la Montagne n’en resterait pas moins vrai à mes yeux».

    Au XXe siècle, une certaine dérive s'est poursuivie dans l'enseignement académique, sous l'influence notamment de l'enseignement du théologien luthérien allemand Rudolf Bultmann (1884-1976). Sous couvert d'une logique de «démythologisation» et de rupture avec l'enseignement traditionnel, de nombreux théologiens en sont revenus inconsciemment à des interprétations datant de l'Antiquité, qui considéraient que Dieu pouvait certes agir dans la personne de Jésus, mais que Jésus n'était pas Dieu lui-même. «On dit vouloir ainsi interpréter le dogme ancien avec des catégories modernes, mais en réalité on ne fait que reproposer, parfois dans les mêmes termes, des solutions archaïques (Paul de Samosate, Marcel d'Ancyre, Photin) déjà évaluées et rejetées par la conscience de l'Église», a averti le prédicateur de la Maison pontificale.

    En revenir à la clarté manifestée dans les Évangiles

    Il faut donc revenir à la question posée par Jésus, qui «ne s'intéresse pas tant à ce que "les gens" disent de lui, mais à ce que ses disciples disent de lui. La question est toujours dans l'air: "Et vous, que dites-vous? Pour vous, qui suis-je?" (Mt 16, 15.)»

    Le prédicateur a donc relevé les occurrences de cette nature de Jésus dans les Évangiles Synoptiques, des textes dans lesquels «la divinité du Christ n'est jamais ouvertement déclarée, mais elle est continuellement sous-entendue. Rappelons quelques paroles de Jésus: "le Fils de l'homme a le pouvoir, sur la terre, de pardonner les péchés" (Mt 9, 6); "personne ne connaît le Fils, sinon le Père, et personne ne connaît le Père, sinon le Fils" (Mt 11, 27); "Le ciel et la terre passeront, mes paroles ne passeront pas" (cette parole-ci est présente à l'identique dans les trois Synoptiques); "le Fils de l'homme est maître, même du sabbat" (Mc 2, 28); "Quand le Fils de l'homme viendra dans sa gloire, et tous les anges avec lui, alors il siégera sur son trône de gloire. Toutes les nations seront rassemblées devant lui ; il séparera les hommes les uns des autres, comme le berger sépare les brebis des boucs" (Mt 25, 31-32). Qui, sinon Dieu, peut pardonner les péchés en son propre nom et se proclamer juge ultime de l'humanité et de l'Histoire?», s'est interrogé le cardinal Cantalamessa.

    «Tout comme il suffit d’un cheveu ou d’une goutte de salive pour relever l'ADN d'une personne, une seule ligne de l'Évangile suffit, si on la lit sans a priori, pour relever l'ADN de Jésus, pour découvrir ce qu'il pensait de lui-même, mais ne pouvait dire ouvertement pour ne pas être mal compris. La transcendance divine du Christ transpire littéralement à chaque page de l'Évangile», a-t-il expliqué.

    «Mais c'est surtout Jean qui a fait de la divinité du Christ le but premier de son Évangile, le thème qui unifie tout. Il le conclut en disant: "Mais ceux-là [ces signes] ont été écrits pour que vous croyiez que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu, et pour qu'en croyant, vous ayez la vie en son nom" (Jn 20, 31), et il conclut sa première lettre avec quasiment les mêmes mots: "Je vous ai écrit cela pour que vous sachiez que vous avez la vie éternelle, vous qui mettez votre foi dans le nom du Fils de Dieu" (1 Jn 5, 13)», a expliqué le prédicateur.

    Frappé par la parole "JE SUIS" écrite volontairement en lettre capitale dans le lectionnaire d'un monastère où il avait célébré une messe, le cardinal Cantalamessa a délivré un témoignage personnel de son émotion devant ces deux mots très simples, mais qui résument l'essentiel de la façon dont Jésus s'est lui-même défini. «C'était le temps pascal et il semblait que le Ressuscité lui-même proclamait son nom divin devant le ciel et la terre. Son "JE SUIS" illuminait et remplissait l’univers. Je me sentais tout petit, comme quelqu'un qui assiste, par hasard et à l’écart, à une scène improvisée et extraordinaire, ou à un grand spectacle de la nature. Ce ne fut qu'une simple émotion de foi, rien de plus, mais de celles qui, une fois passées, laissent dans le cœur une empreinte indélébile.»

    Saint Jean, qui fut peut-être centenaire, a eu le temps de développer une réflexion thélogique très ample. «Il faut s'étonner de l'exploit que l'Esprit de Jésus a permis à Jean de porter à son terme. Il a embrassé les thèmes, les symboles, les attentes, tout ce, en somme, qu’il y avait de religieusement vivant, tant dans le monde juif que dans le monde hellénistique, faisant en sorte que tout cela serve une seule idée, mieux, une seule personne: Jésus Christ est le Fils de Dieu et le Sauveur du monde. Il a appris la langue des hommes de son temps, afin de crier de toutes ses forces l'unique vérité qui sauve, la Parole par excellence, "le Verbe".»

    «Seule une certitude révélée, qui a derrière elle l'autorité et la puissance même de Dieu et de son Esprit, pouvait se déployer dans un livre avec une telle insistance et une telle cohérence, arrivant, à partir de mille points différents, toujours à la même conclusion, à savoir, l'identité totale de nature entre le Père et le Fils: "Le Père et moi, nous sommes UN." (Jn 10, 30)», a insisté le cardinal Cantalamessa.

    Dans les différents niveaux de la vie spirituelle, et notamment dans le vaste champ des relations œcuméniques, les chrétiens doivent toujours «intérioriser la foi»«retrouver ses racines», non pas seulement en répétant le Credo mais en saisissant pleinement le sens et l'amplitude. C'est notamment la responsabilité des professeurs de théologie, qui enseignent aux futurs prêtres, et dont le manque de clarté dogmatique peut donc rejaillir, pour des générations entières, sur la santé spirituelle du peuple de Dieu. «Il me semble que l’on devrait avant tout s'assurer d'une chose, que ceux qui enseignent la théologie aux futurs ministres de l'Évangile croient fermement en la divinité du Christ. Pour s'en assurer par un discernement franc et fraternel, mieux qu'avec un serment. Après le Concile, il y a eu toute une génération de prêtres (certainement pas à cause du Concile !) qui ont fini le séminaire et se sont présentés à l'ordination avec des idées très confuses et floues sur le Jésus qu'ils devaient annoncer au peuple et rendre présent sur l'autel lors de la messe. De nombreuses crises sacerdotales, j'en suis convaincu, ont commencé et continuent à partir d'ici», a reconnu le prédicateur.

    L'œcuménisme doit se vivre dans la référence à la nature divine du Christ

    L'œcuménisme offre un horizon passionnant de débats et d'approfondissement spirituel, mais ce chemin n'est pas exempt de risques. «Une unité nouvelle et invisible est en train de se former, qui passe par les différentes Églises. Cette unité invisible et spirituelle a un besoin vital, à son tour, du discernement de la théologie et dumagistère, afin de ne pas tomber dans le danger du fondamentalisme ou d’un subjectivisme effréné et desordonné. Mais une fois qu’on voit cette tentation et qu’on la surmonte, c'est un fait que l'on ne peut plus se permettre d'ignorer.»

    «Il existe des bâtiments ou des structures métalliques fabriqués de telle sorte que si l'on touche un certain point ou si l'on soulève une certaine pierre, tout s'effondre. Telle est la construction de la foi chrétienne, et la "pierre angulaire" qui est la sienne est la divinité du Christ. Si on l’enlève, tout s'écroule et s'effondre, à commencer par la foi en la Trinité. De qui la Trinité est-elle formée si le Christ n'est pas Dieu ? Ce n'est pas pour rien, dès qu’on met la divinité du Christ entre parenthèses, que l’on offre le même sort à la Trinité», a-til averti.

    Le cardinal Cantalamessa a cité ces paroles essentielles de saint Augustin: «C’est peu de croire que le Christ est mort: les païens, les Juifs, les impies le croient aussi. Tous croient qu’il est mort ; la foi chrétienne consiste à croire en sa résurrection». Il a tiré de cette réflexion cette déduction simple: «Tous croient que Jésus est un homme ; ce qui fait la différence entre croyants et non-croyants, c'est de croire qu'il est aussi Dieu. La foi des chrétiens est la divinité du Christ!»

    Face à toutes les impasses philosophiques de la pensée moderne, «celui qui croit au Christ a la possibilité de résister à la grande tentation du non-sens de la vie qui conduit souvent au suicide. Qui croit au Christ ne marche pas dans les ténèbres ; il sait d'où il vient, il sait où il va et ce qu'il doit faire en attendant. Il sait surtout qu'il est aimé par quelqu'un et que cette personne a donné sa vie pour le lui prouver!», a martelé le cardinal.

    C'est précisément parce que le Christ est le «vrai Dieu » qu'il est aussi «la vie éternelle», et qu'il donne la vie éternelle. «Cela n'efface pas nécessairement notre peur de la mort, mais donne au croyant l'assurance que notre vie ne s'arrête pas avec elle», a conclu le prédicateur, répétant en épilogue le deuxième article du Credo:

    «Je crois en un seul Seigneur, Jésus-Christ

    le Fils unique de Dieu,

    né du Père avant tous les siècles

    Il est Dieu, né de Dieu,

    Lumière, né de la Lumière,

    vrai Dieu, né du vrai Dieu,

    engendré, non pas créé,

    de même nature que le Père,

    et par Lui tout a été fait.»

     source https://www.vaticannews.va/fr
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  • «Se confesser permet de se laisser transformer
    par l'Amour de Dieu»

    Comme il le fait chaque année durant la période du Carême, le Pape François a prononcé ce matin un discours devant les participants au cours sur le For interne, organisé par la Pénitencerie apostolique. Cette année, il était organisé en ligne, avec la participation de 870 prêtres et évêques.
     

    Cyprien Viet – Cité du Vatican

    Le Pape François a structuré son intervention autour de trois expressions : «s’abandonner à l’Amour»«se laisser transformer par l’Amour», et «correspondre à l’Amour».

    «S’abandonner à l’Amour» signifie accomplir un «véritable acte de foi». «La foi ne peut jamais être réduire à une liste de concepts ou à une série d’affirmations à croire. La foi s’exprime et se comprend à l’intérieur d’une relation : la relation entre Dieu et l’homme et entre l’homme et Dieu, selon la logique de l’appel et de la réponse : Dieu appelle et l’homme répond», et parfois aussi, «l’homme appelle et Dieu répond», a remarqué le Pape en sortant de son texte.

    «Celui qui ne s’abandonne pas à l’Amour de Dieu finit, tôt ou tard, par s’abandonner à autre chose, en finissant dans les bras de la mentalité mondaine qui à la fin apporte amertume, tristesse et solitude». Le pénitent doit donc se rapprocher de la confession, et se préparer à recevoir la Miséricorde de Dieu, en ressentant une sincère «douleur pour ses propres péchés».

    L’Amour de Jésus nous renouvelle en profondeur

    «Vivre ainsi la confession signifie se laisser transformer par l’Amour», a souligné François. «Nous savons bien que ce ne sont pas les lois qui sauvent : l’individu ne change pas par une série de préceptes arides, mais par la fascination de l’Amour reçu et gratuitement offert. C’est l’Amour qui s’est manifesté pleinement en Jésus-Christ et dans sa mort sur la croix, pour nous. Ainsi l’Amour, qui est Dieu lui-même, s’est rendu visible aux hommes d’une façon d’abord impensable auparavant, totalement nouvelle et donc capable de renouveler toutes choses.» Cette conscience permet une transformation profonde, et le Pape a remarqué que «c’est comme ça aussi dans la vie affective : on change par la rencontre avec un grand amour».

    Le Pape s’est enfin penché sur la troisième expression: «correspondre à l’Amour». Cette correspondance doit se manifester «dans le changement de la vie et dans les œuvres de miséricorde». La confession doit débloquer la relation à Dieu et aux autres. «Celui qui a été accueilli par l’Amour ne peut pas ne pas accueillir le frère. Celui qui s’est abandonné à l’Amour ne peut pas ne pas consoler les affligés. Celui qui a été pardonné par Dieu ne peut pas ne pas pardonner de tout cœur aux frères».

    La conscience d’être un «pécheur pardonné» permet d’être un frère pour le pénitent

    «Chacun de nous est un pécheur pardonné, mis au service des autres afin qu’eux aussi, à travers la rencontre sacramentelle, puissent rencontrer cet Amour qui a fasciné et qui change notre vie.» Le Pape a donc encouragé les confesseurs dans ce «service important pour la sanctification du saint peuple de Dieu», en confiant leur ministère à la «puissante protection de saint Joseph, homme juste et fidèle».

    François a ensuite développé une réflexion spontanée sur «l’attitude religieuse qui naît de la conscience d’être un pécheur pardonné», de la part des confesseurs eux-mêmes. Quand le prêtre comprend dans les paroles et l'attitude du pénitent une douleur liée à un péché, ce n’est pas nécessaire de le torturer en lui posant des «questions indiscrètes». Dans les basiliques romaines, certains confesseurs ont des réputations de «shérifs» durs, et les séminaristes qui connaissent les lieux préfèrent les éviter. Le devoir du confesseur n’est donc pas de créer le stress d’un examen académique mais de se comporter en «frère, père, consolateur», sans intrusion personnelle dans «l’âme des autres».

    L'évêque de Rome a enfin adressé sa bénédiction aux participants, en leur souhaitant un fructueux «Carême de conversion».

    source https://www.vaticannews.va/

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  • Méditation de Carême du cardinal Cantalamessa:
    fixer le regard sur Jésus-Christ

    Le cardinal Raniero Cantalamessa, prédicateur de la Maison pontificale, a tenu ce vendredi matin sa deuxième méditation du Carême 2021, tenue devant les responsables de la Curie romaine restés à Rome durant le voyage apostolique du Pape en Irak. Il a ouvert un cycle de trois intervention sur «Jésus-Christ, homme nouveau».
     

    «La pensée moderne des Lumières est née à l’enseigne de la maxime de vivre "etsi Deus non daretur" - comme si Dieu n'existait pas», a d’emblée rappelé le cardinal capucin, en remarquant qu’au XXe siècle, «le pasteur Dietrich Bonhoeffer a repris cette maxime et a essayé de lui donner un contenu chrétien positif. Dans ses intentions, elle n'était pas une concession à l'athéisme, mais un programme de vie spirituelle: faire son devoir même lorsque Dieu semble absent; en d'autres termes, ne pas en faire un Dieu-bouche-trou, toujours prêt à intervenir là où l'homme a échoué», a-t-il expliqué, en mettant en relief les nuances de la pensée de ce héros de la résistance spirituelle au nazisme.

    Néanmoins, «même présentée ainsi, cette maxime est discutable et a été – à juste titre - contestée. Mais elle nous intéresse ici aujourd’hui pour une toute autre raison. L'Église court un danger mortel, qui est celui de vivre "etsi Christus non daretur", comme si le Christ n'existait pas.» C’est le piège dans lequel tombent de nombreux organes de communication, qui analysent l’Église selon des critères historiques et sociologiques qui peuvent avoir une part de légitimité, mais qui, en oubliant ou en négligeant Jésus, passent à côté de l’essentiel.

    Pourtant, les quatre caractéristiques essentielles de la vie ecclésiale, comme le Pape François l’avait rappelé lors d’une récente audience générale, sont intimement liées à la personne du Christ: l’écoute de l’enseignement des apôtres, la préservation de la communion réciproque, la fraction du pain, et la prière. Le cardinal Cantalamessa a donc décidé de faire, pour ce nouveau cycle de méditations du Carême 2021, des «gros plans» sur Jésus, en se concentrant bien sur le «Christ des Évangiles et de l'Église» et non pas sur «le Christ des historiens, celui des théologiens, des poètes» ou même «le Christ des athées».

    Le cardinal Cantalamessa s’est donc attaché à demeurer dans le cadre du «triangle dogmatique sur le Christ, les deux côtés étant l'humanité et la divinité du Christ, et le sommet l'unité de sa personne»«Tout ce qui est dit sur le Christ doit désormais respecter ce fait certain et incontestable, à savoir qu'il est Dieu et homme en même temps - mieux encore, dans la même personne», en soulignant que ce dogme est la «loi fondamentale» de la foi chrétienne.

    Le Christ, homme parfait

    «Jésus n'est pas tant l'homme qui ressemble à tous les autres hommes, que l'homme auquel tous les autres hommes doivent ressembler», a souligné le prédicateur capucin. «Personne ne nie aujourd'hui que Jésus était un homme, comme le faisaient les docteurs et autres négateurs de la pleine humanité du Christ», a remarqué le cardinal, tout en soulignant un piège de la culture contemporaine: «on assiste à un phénomène étrange et inquiétant: d’aucuns affirment la "vraie" humanité du Christ comme une alternative tacite à sa divinité, comme une sorte de contrepoids», a-t-il regretté, en faisant certainement allusion à des œuvres littéraires et cinématographiques, sans les nommer explicitement.

    «C'est une sorte de course générale à qui ira le plus loin dans l'affirmation de la "pleine" humanité de Jésus de Nazareth, jusqu’à lui attribuer non seulement la souffrance, l'angoisse, la tentation, mais aussi le doute et même la possibilité de commettre des erreurs. Ainsi, le dogme de Jésus "vrai homme" est devenu, soit une vérité acquise qui ne dérange et n’inquiète personne, soit, pire encore, une vérité dangereuse qui sert à légitimer, plutôt qu'à remettre en cause, la pensée séculaire. Affirmer la pleine humanité du Christ aujourd'hui, c'est comme enfoncer une porte ouverte», a averti le prédicateur avec fermeté.

    La sainteté du Christ

    Le cardinal Cantalamessa a souligné que «l'observation des Évangiles nous fait voir que la sainteté de Jésus n'est pas qu’un principe abstrait, ou une déduction métaphysique, mais qu'il s'agit d'une véritable sainteté, vécue à chaque instant et dans les situations les plus concrètes de la vie. Pour prendre un exemple, les Béatitudes ne sont pas seulement un beau programme de vie que Jésus trace pour les autres; c'est sa vie même et son expérience qu'il révèle aux disciples, les appelant à entrer dans sa propre sphère de sainteté. Les Béatitudes sont l'autoportrait de Jésus.»

    Jésus est donc le saint de Dieu, sa Résurrection en est la preuve éclatante. Et «l'heureuse surprise est que Jésus nous communique, nous donne, nous offre sa sainteté. Que sa sainteté est aussi la nôtre. Davantage: qu'il est lui-même notre sainteté.»

    «Tout parent humain peut transmettre à ses enfants ce qu'il a, pas ce qu'il est. Ce n’est pas parce qu’il est artiste, scientifique ou même saint, que ses enfants vont également naître artistes, scientifiques ou saints. Il peut tout au plus les enseigner, leur donner un exemple, mais pas transmettre ce qu’il est comme par héritage. Jésus, à l’inverse, par le baptême, nous transmet non seulement ce qu'il a, mais aussi ce qu'il est. Il est saint et fait de nous des saints; il est le Fils de Dieu et fait de nous des enfants de Dieu.»

    Et ainsi, «la sainteté chrétienne, avant d'être un devoir, est un don», comme l’a rappelé la Constitution conciliaire Lumen Gentium. Mais à partir de ce don, il faut oser passer à l’imitation concrète du Christ, en ayant des attitudes et des actions en cohérence avec les siennes. «On n'arrive pas des vertus à la foi, mais de la foi aux vertus», a expliqué le prédicateur franciscain en citant saint Grégoire Le Grand.

    «Essayons de nous demander le plus souvent possible, face à chaque décision à prendre et à chaque réponse à donner: «Dans le cas présent, qu’est-ce que Jésus aimerait que je fasse ?», et faisons-le sans tarder. Savoir ce qu'est la volonté de Jésus est plus facile que de savoir dans l'abstrait ce qu'est «la volonté de Dieu» (même si les deux choses coïncident réellement). Pour connaître la volonté de Jésus, nous n’avons rien d’autre à faire qu’à nous souvenir de ce qu'il dit dans l'Évangile. Le Saint-Esprit est là, prêt à nous le rappeler», a conclu le cardinal Cantalamessa.

    source https://www.vaticannews.va/

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  • Méditation quotidienne de Richard Rohr

    Du Centre d’action et de contemplation

     Image credit: U.S. Information Agency. Press and Publications Service. ca. 1953-ca. 1978, Civil Rights March on Washington, D.C. Young men and women sitting in front of the Lincoln Memorial, (detail), photograph, public domain.

    Le Cercle de l’Éternité 

    Une fois, j’ai partagé un joyeux dîner avec le poète et philosophe irlandais bien-aimé John O’Donohue (1956-2008). Il est décédé beaucoup trop tôt à l’âge de 52 ans, et j’imagine qu’il a été immédiatement accueilli dans la communion des saints, vivant dans le « cercle de l’éternité » qu’il décrit dans ce passage:

    La tradition celtique irlandaise reconnaît que les mondes éternels et transitoires sont tissés les uns dans les autres et à travers eux. Très souvent à la mort, les habitants du monde éternel sortent vers le monde visible... Vos amis qui vivent maintenant dans le monde éternel viennent vous rencontrer, pour vous ramener à la maison. Habituellement, pour les gens qui meurent d’envie de voir leurs propres amis leur donne une grande force, le soutien et l’encouragement . . .

    Ici, nous sommes pris dans le temps linéaire . . . Le temps doit être totalement différent pour les morts parce qu’ils vivent maintenant dans un cercle d’éternité. . . L’esprit celtique n’a jamais aimé la ligne, mais a toujours aimé la forme du cercle . . . J’imagine que dans le monde éternel, le temps est devenu le cercle de l’éternité. Peut-être que lorsqu’une personne entre dans ce monde, elle peut regarder en arrière ce que nous appelons le temps passé ici. Cette personne peut aussi voir tout le temps futur. Pour les morts, le temps présent est une présence totale. Cela suggère que nos amis parmi les morts nous connaissent mieux qu’ils ne peuvent jamais nous connaître dans la vie . . .

    Je crois que nos amis parmi les morts nous dérangent vraiment et s’occupent de nous. Souvent, il pourrait y avoir un gros rocher de misère sur votre chemin sur le point de tomber sur vous, mais vos amis parmi les morts le retenir jusqu’à ce que vous avez passé. L’un des développements passionnants qui peuvent se produire dans l’évolution et dans la conscience humaine dans les prochaines centaines d’années est une toute nouvelle relation avec le monde invisible et éternel. Nous pourrions commencer à établir des liens très créatifs avec nos amis dans le monde invisible. . . Ils sont maintenant dans un endroit où il n’y a plus d’ombre, d’obscurité, de solitude, d’isolement ou de douleur. Ils sont à la maison. Ils sont avec Dieu d’où ils sont venus. Ils sont retournés au nid de leur identité dans le grand cercle de Dieu. Dieu est le plus grand cercle de tous, la plus grande étreinte de l’univers, qui tient visible et invisible, temporelle et éternelle, comme un seul . . .

    Dans le monde éternel, tout est un. Dans l’espace spirituel, il n’y a pas de distance. Dans le temps éternel, il n’y a pas de segmentation dans aujourd’hui, hier ou demain. Dans le temps éternel tout est maintenant; le temps est la présence. Je crois que c’est ce que signifie la vie éternelle : c’est une vie où tout ce que nous recherchons — bonté, unité, beauté, vérité et amour — n’est plus éloigné de nous, mais est maintenant complètement présent avec nous.

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    John O’Donohue, Anam Cara: A Book of Celtic Wisdom (HarperCollins: 1997), 211, 227-228, 229.

    Crédit image: Agence d’information des États-Unis. Service de presse et de publications. vers 1953-vers 1978, Marche des droits civiques à Washington, D.C. Jeunes hommes et femmesassis devant le Lincoln Memorial , (détail), photographie, domaine public.

    Inspiration de l’image : Qu’ont en commun Chuck Taylors et ses chaussures de bureau, ses talons hauts et ses sandales ? Ils ont poussé les pieds de notre communauté de saints. La sagesse intergénérationnelle des jeunes et des anciens nous bénit tous.

    source  https://cac.org/
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  • Le Pape rencontrant la délégation du Centre franciscain de Solidarité de Florence.Le Pape rencontrant la délégation du Centre franciscain de Solidarité de Florence.  (Vatican Media)

    Proximité, compassion et tendresse: les mots clés du style franciscain

    Le Pape François a accordé ce lundi midi une audience à une délégation du Centre franciscain de Solidarité, une association active auprès des plus pauvres à Florence, en Italie.
     

    «Depuis de nombreuses années, dans la ville de Florence, vous assumez un service précieux d’écoute et de proximité aux personnes qui se trouvent dans des conditions économiques et sociales difficiles», notamment des «personnes âgées et handicapées qui ont besoin de soutien et de compagnie». Les volontaires de l’association font ainsi partie de «ceux qui jettent les semences du Règne de Dieu», à la suite de Jésus qui «s’est rapproché des blessures humaines avec compassion».

    À travers les paroles de Jésus «j’avais faim, et vous m’avez donné à manger; j’avais soif, et vous m’avez donné à boire; j’étais nu, et vous m’avez habillé» (Mt 25, 35-36), le Christ a révélé le coeur de Dieu: «Dieu est un Père qui veut prendre soin de nous tous, défendre et promouvoir la dignité de chacun de ses fils et de ses filles. Il nous appelle à construire les conditions humaines, sociales et économiques pour que personne ne soit exclu ou piétiné dans ses droits fondamentaux. Personne ne doit souffrir du manque de pain ou de la solitude», a martelé François.

    Saint François d’Assise, un modèle de proximité

    Évoquant ensuite le «témoignage lumineux» de saint François d’Assise, dont il a pris le nom en tant que Pape, il a mis en valeur cette dynamique de «fraternité universelle» qui a été le thème de sa récente encyclique Fratelli tutti. Dans une ville où beaucoup de gens «se retrouvent seuls avec leur propre pauvreté et leur souffrance», le Centre franciscain de Solidarité constitue un signe qui «secoue les consciences assoupies et invite à sortir de l’indifférence, à avoir compassion de celui qui est blessé, à s’incliner avec tendresse sur ceux qui sont écrasés par le fardeau de la vie». Chacun est donc invité à s’engager avec «proximité, compassion et tendresse».

    Cet effort doit se vivre avec le soutien du Seigneur, car «nous savons que notre bon cœur et nos forces humaines ne suffisent pas». L’enjeu fondamental, ce n’est pas l’efficacité dans les «choses à faire» mais l’amour ressenti vis-à-vis d’une personne pauvre que nous considérons pleinement comme notre frère ou notre sœur. Le Pape a conclu en invoquant la bénédiction du Seigneur, par l’intercession de saint François, pour que les volontaires de cette association «conservent toujours la joie de servir, la joie de se rapprocher, la joie d’avoir compassion, la joie de faire les choses avec tendresse»

    source https://www.vaticannews.va/

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  • Méditation quotidienne de Richard Rohr

    Du Centre d'action et de contemplation

     Crédit d'image: Agence d'information des États-Unis.  Service de presse et de publications.  Californie.  1953 – ca.  1978, Marche des droits civiques à Washington, DC Deux longues files de certains des bus utilisés pour transporter les marcheurs à Washington (détail), photographie, domaine public.
     Combien il est difficile de voir clairement 

    Chaque point de vue est une vue d'un point. À moins de reconnaître et d'admettre nos propres points de vue personnels et culturels, nous ne saurons jamais comment décentraliser notre propre perspective. Nous vivrons avec un degré élevé d'illusion et de cécité qui apporte beaucoup de souffrance dans le monde. Je pense que c'est ce que voulait dire Simone Weil (1909–1943) en disant que l'amour de Dieu est la source de toute vérité. [1] Seul un point de référence extérieur et positif fonde totalement l'esprit et le cœur.

    L'une des clés de la sagesse est que nous devons reconnaître nos propres préjugés, nos propres préoccupations addictives et les choses auxquelles, pour une raison quelconque, nous refusons de prêter attention. Tant que nous ne voyons pas ces schémas (qui est la contemplation à un stade précoce), nous ne pourrons jamais voir ce que nous ne voyons pas . Pas étonnant que Socrate (vers 470–399 avant notre ère) et sainte Thérèse d'Ávila (1515–1582) aient déclaré que la connaissance de soi était la première et nécessaire voie d'accès à la sagesse. [2] Sans une telle conscience critique du petit soi, il y a peu de chances qu'un individu produise une vraie grande connaissance ou une sagesse durable.

    Tout le monde voit le monde d'un certain point de vue culturel défini. Mais les gens qui ont fait leur travail intérieur voient aussi au-delà de leurs propres préjugés quelque chose de transcendant, quelque chose qui dépasse les frontières de la culture et de l'expérience individuelle.

    Les personnes ayant une image déformée de soi, du monde ou de Dieu seront largement incapables de faire l'expérience de ce qui est vraiment réel dans le monde. Ils verront les choses à travers un trou de serrure étroit. Ils verront plutôt ce dont ils ont besoin que la réalité soit, ce dont ils ont peur ou ce qui les met en colère. Ils verront tout à travers leur agressivité, leur peur ou leur agenda. En d'autres termes, ils ne le verront pas du tout.

    C'est le contraire des contemplatifs, qui voient ce qui est, si c'est favorable ou non, si cela répond à leurs besoins ou non, que cela leur plaise ou non, et si cette réalité fait pleurer ou se réjouir. La plupart d'entre nous interpréteront généralement mal notre expérience jusqu'à ce que nous ayons été déplacés hors de notre faux centre. Jusque-là, il y a trop de soi sur le chemin.

    Nous jouons tous à nos jeux, cultivant nos préjugés et notre vision non rachetée du monde. Thomas d'Aquin (1225-1274) et d'autres scolastiques ont dit que tous les gens choisissent comme bien objectif quelque chose qui leur paraît simplement bon, prévoyant la critique postmoderne de 700 ans. Personne ne fait le mal de son plein gré. Chacun de nous a mis en place une construction par laquelle nous expliquons pourquoi ce que nous faisons est nécessaire et bon. C'est la spécialité de l'ego, le petit ou le faux soi qui veut protéger son agenda et se projeter sur la scène publique. [3] Nous avons besoin de soutien pour démasquer notre faux soi et nous éloigner de nos illusions. Pour cela il faut installer une sorte d '«observateur intérieur». Certaines personnes parlent d'un «témoin honnête». Au début, cela semble impossible, mais avec de la patience et de la pratique, cela peut être fait et devient même tout à fait naturel.

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    [1] Simone Weil, «Dieu en Platon», Sur la science, la nécessité et l'amour de Dieu , trad. et éd. Richard Rees (Oxford University Press: 1968), 104.

    [2] Teresa d'Ávila, Le château intérieur , trans. Mirabai Starr (Riverhead: 2004), 45, 46.

    [3] Pour une exploration plus approfondie des enseignements de Richard Rohr sur le vrai soi / faux soi, notre cours Immortal Diamond est maintenant ouvert aux inscriptions.

    Adapté de Richard Rohr, The Wisdom Pattern: Order, Disorder, Reorder (Franciscan Media: 2020), 12–13, 140–141; et

    Ce que les mystiques savent: Sept voies vers votre moi plus profond (The Crossroad Publishing Company: 2015), 91

    Crédit d'image: Agence d'information des États-Unis. Service de presse et de publications. Californie. 1953 – ca. 1978, Marche des droits civiques à Washington, DC Deux longues files de certains des bus utilisés pour transporter les marcheurs à Washington (détail), photographie, domaine public. 

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  • ANNONCER LA PAIX ET PRÊCHER L’ÉVANGILE - M-F1. Circuler et être présent!

    La prédication franciscaine de François et des premiers frères est bien loin de ce que nous imaginons, autant pour le style que pour les contenus. Il ne s’agit pas d’abord de sermons et d’homélies. Un texte de Thomas de Celano, son premier biographe, permet de remettre les faits en perspective. Celui-ci écrit : « Il ouvrait chacun de ses sermons par un souhait de paix avant de transmettre à l’assistance la parole de Dieu; il disait : Que le Seigneur vous donne la paix! Cette paix, il la souhaitait toujours et avec conviction, aux hommes et aux femmes, à tous ceux qu’il rencontrait ou croisait sur sa route. »*
    François d’Assise est bien sûr un prédicateur ambulant; comme les Apôtres il vit simplement, va de village en village, s’arrête volontiers dans les maisons. Il reçoit sur place l’hospitalité et le gîte. Il circule et il demeure. Il est là, il écoute et, parfois, il parle. Avec les gens, il partage l’expérience qui lui brûle le cœur : connaître le Christ Jésus et éprouver son Amour.

    2. D’abord la paix et la réconciliation!

    L’époque et le milieu de François n’ont jamais été en paix de tout son vivant. Les conflits civils et politiques étaient constants. Le milieu et la culture étaient marqués par une hostilité ouverte et destructrice. Il ne s’était pas fait chevalier pour rien. Guerres et activités militaires l’ont occupé un certain temps mais sans succès ni suite. C’est dans le contexte d’une déception militaire que François mûrit son passage d’un royaume politique et économique au Royaume de Dieu avec une vision du Bien et de ses valeurs.
    Une chose est évidente, François d’Assise a des priorités et un ordre dans sa manière de témoigner de l’Évangile. De la présence, François passe ensuite au rassemblement des personnes et des situations. Être là avec tout le monde et avec le vécu de tout le monde. Où qu’il soit et avec tous les publics, le petit pauvre d’Assise s’en tient à une vision de fond : la paix dans ses dimensions les plus urgentes et les plus durables : le Royaume de Dieu et sa justice.
    Dans sa salutation si courtoise, il y a aussi une volonté de réconciliation avec et pour tout le monde. Se donner et offrir la grâce de faire la paix en soi et avec les autres, même avec le poids de la vie personnelle, sociale et culturelle. Faire la paix et prendre le temps de la rendre désirable et de l’accomplir sans précipiter les solutions surtout quand les enjeux ne sont pas compris et les remèdes bien examinés.
    Dans la salutation proverbiale de François et des frères, il y a une référence transparente au Seigneur dont ils sont les ambassadeurs. La paix offerte n’est pas seulement la leur. Elle risquerait d’être parfois généreuse, mais à long terme passagère. C’est la paix du Seigneur dont ils sont les porteurs et les artisans. Ils ne la partagent pas comme si elle était acquise, mais justement pour la rendre possible grâce à leur ministère. Ils s’affichent ainsi pour ce qu’ils sont : des envoyés et des participants à une mission essentielle.

    3. Prêcher tout l’Évangile!

    Je demandais, il y a quelques années, à un confrère franciscain si de nos jours nous annoncions vraiment l’Évangile du Christ Jésus. Il est demeuré interloqué comme si ma question était un jugement. La question était et demeure légitime. Elle l’est pour François d’Assise et son époque et tous les milieux qu’il visite. Pourquoi la tradition se rappelle-t-elle de lui comme d’un « homme évangélique et apostolique »? Thomas de Celano rapporte : « Et cela eut souvent pour effet, avec la grâce du Seigneur, d’amener ceux qui, réfractaires à la paix, étaient ennemis de leur propre salut, à embrasser la paix de tout leur cœur, à devenir eux aussi des fils de la paix et des conquérants du salut éternel. »*
    L’image d’un siècle « chrétien » ne correspond pas à la description qu’en font les biographes de François. Ils soulignent largement l’existence de classes sociales sans profondeur religieuse et spirituelle, ignorantes des vérités élémentaires sur l’Absolu et dans bien des cas décidément hostiles à l’ordre de penser et d’agir inspirés par la tradition chrétienne. Dans ce contexte qui n’offre guère d’authenticité et de cohérence, François découvre Jésus, devient son disciple et commence un long chemin de pénitence. Il apprend à être témoin et serviteur avant d’envisager même un engagement plus manifeste de prédication et d’enseignement. D’abord éprouver la foi par la conversion, la foi et la pénitence; longuement se consacrer à la « foi qui opère par la charité » dans des gestes de diaconie et de service.
    François a choisi pour lui-même et ses frères de « vivre et d’observer le Saint Évangile de Notre Seigneur Jésus Christ » comme les Apôtres de la première heure. Pour la forme et le fond, pour le message et pour la manière d’être et de vivre. François est un praticien de l’Évangile qui va, itinérant, de village en village et de maison en maison, un témoin. François ne porte pas un message dont il serait distant. Il partage une expérience qui bouleverse sa vie. Lui et ses frères sont des pénitents, des convertis. Ils sont les premiers touchés par la présence et le salut dans le Christ Jésus. Ils annoncent ce qu’ils vivent et les fait vivre. Le Seigneur les touche et leur apporte une paix indicible. Dans cette rencontre, leur vie et leur quotidien prennent un tout autre sens et une toute autre profondeur. Ils vivent enfin une parole qui est le pain de leur âme, une vie « en abondance », la vie éternelle (Jean 10,10).

    4. Une perle rare : le salut!

    Au milieu des gens et dans des circonstances si différentes, François et ses frères vivent et annoncent l’Évangile… et le salut : une humanité et un univers à qui toute réconciliation est accessible et possible, des personnes qui sont des interlocuteurs de Dieu dans le Christ Jésus, des appelés à éprouver leur cœur et leur vérité : vivre à l’image et à la ressemblance de Dieu. L’Évangile est d’abord la personne et la vie de Jésus comme lumière et chemin pour le renouveau de qui que ce soit, même aux heures de mensonge et de péché. Il y a là moyen de recommencer et enfin commencer. Il est grand temps de le faire.
    Lui-même pénitent- tourné vers Dieu-, François propose à des milliers d’hommes et de femmes de considérer avec attention la présence et la proposition de salut qu’est l’Évangile de Jésus, de la méditer, de la choisir et d’en tirer les conséquences par une vie de conversion, exigeante et durable. Le propos est sans détour mais simple : découvrir la Vie en plénitude. Dans ce cheminement et ce mode vie, les convertis-pénitents comprennent que l’Évangile est adressé à toute personne humaine et à toute créature. De la terre au ciel. L’Évangile est total et il est universel. Il rend possible la famille humaine. Il permet de bâtir la demeure de Dieu « parmi les hommes ».

    Gilles Bourdeau, OFM
    Novembre 2018

    *Thomas de Celano, Vie de saint François, Chapitre 10, 23b, Paris, Les Éditions franciscaines, 1967, p. 47
    Source : H.S. 11-20-Rep. RC

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    *Autorisation de reproduction accordée à Richard Chamberland pour son site http://fraternite-ofs-sherb.eklablog.com/
    le 28 février 2021
    Source : Hors-série en Mission avec Jésus, Missions des Franciscains, 2020, texte publié dans la Revue des Missions des Franciscains, Vol. 96, no.3, novembre 2018.

    Richard Chartier
    Directeur, Bureau des Missions des Franciscains, Province Saint-Esprit du Canada, rédacteur en chef de la Revue Missions des Franciscains et agent de projets du Bureau des Missions des Franciscains.

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